L’analyse de la crise algérienne :pdf

Pour une nouvelle lecture de la crise algérienne

 

                                  HAMMOUD Leila   

Université Alger'd  2

أصبحت الجزائر، منذ أحداث أكتوبر 88، حدثا هاما  تحول إلى موضع تحاليل وسائل الاتصال بنفس الحدة التي أصبح فيها موضوعا للتحاليل العلمية المختصة و التي استهدفت فهم >>التغيرات العميقة التي يعيشها المجتمع الجزائري و التي تميزت في مجملها  بظهور شواهد التأزم فيها و على كل أبعاد الحياة الاجتماعية,

اتجهت تلك الدراسات نحو المقاربة الجزئية، ففضلت فحص أبعاد الأزمة المختلفة على حساب المقاربة الكلية و التي من الممكن تفسير الشواهد الجزئية من خلالها.

تستهدف محاولتنا هذه، دراسة بعض التحاليل التي تناولت موضوع الأزمة في الجزائر، و المقترحة من قبل مفكرين جزائريين، و ذلك من أجل محاولة اقتراح أسس جديدة لدراسة الأزمة و ذلك بالرجوع إلى المسند النظري لتحليل ظاهرة الأزمة.

الكلمات المفتاح:

الأزمة، أبعاد متعددة، التغير الاجتماعي، النقلة الاجتماعية، المستقبل، الطبع الاجتماعي، المقاربة الشاملة، الكونية.

 

Depuis les événements d’octobre 88, l’Algérie était un fait d’actualité, attractif non seulement pour les analyses médiatiques mais aussi pour les analyses savantes cherchant à comprendre les profondes mutations que vivait la société algérienne et qui présentaient des signes crisiques sur toutes les dimensions de la vie sociale.

 Ces études se sont orientées principalement vers une approche parcellaire privilégiant l’examen des différentes dimensions de la crise au détriment d’une approche plus globale qui rendrait compte des fondements de cette situation de crise, par lesquels s’expliqueraient, par la suite, les signes crisiques observés au sein des différents secteurs de la vie sociale.

Notre réflexion propose d’examiner quelques analyses de la crise, faites par des auteurs algériens, tout en tentant de proposer les fondements d’une nouvelle lecture de la crise algérienne en référence au socle théorique de l’étude du phénomène de (Crise).

Mots clefs :

 Crise, multidimensionnelles, changement social, mutations sociales, devenir social, caractère social, approche globale, mondialité.

 

Introduction :

            Etudier une crise est une tache difficile et complexe, surtout s’il s’agit d’une  crise de société. La vie sociale, comme les individus qui là produisent, est complexe, imprévisible et surtout, continuellement changeante. C’est pour ces raisons que chaque étude faite dans ce sens, ne peut que contribuer à clarifier cette complexité et aider à l’élaboration d’une connaissance précieuse du  sujet.

            Notre intention n’est pas de faire une nouvelle étude de « la crise de la société algérienne », mais de faire l’exposé critique de quelques unes des études réalisées sur le sujet, et cela afin de démontrer comment « la crise » a été un des résultats des processus de changements, voulu ou subit, au sein de la société algérienne, depuis l’indépendance.

          Souvent les analyses consacrées à cette crise, soutiennent que celle-ci est le résultat de l’acculturation subie, suite à la longue cohabitation imposée avec le colonisateur, et par la suite, à l’échec de la stratégie de développement adoptée et mise en œuvre par l’Etat après l’indépendance.

      Il nous semble que, ce qui est nommé «  crise de la société algérienne » n’est autre que le résultat naturel de l’évolution historique qu’elle à subie, de façon exogène, sans lui attribuer le rôle constructif qui lui revient de droit, puisqu’elle est à la fois, l’objet de cette évolution et sont destinataire.

      L’expérience coloniale comme le projet de développement sont à l’origine du changement profond des mentalités qui ont fini, à la longue, par provoquer des fractures profondes dans le système social, totalement sombré dans l’état de crise, selon les analystes.

     Contre toutes les thèses qui affirment que la société algérienne vit une crise complexe actuellement, nous soutenons que cette même société est entrain de vivre des mutations profondes qui vont lui permettre de contenir les chemins de son évolution de façon endogène, et que nous vivons actuellement une phase de transition qui nous permettra de poser les fondements d’une nouvelle société plus équilibrée et plus stable.

Autrement dit, si nous nous mettons à chercher les causes et les dimensions des fluctuations de la société algérienne actuellement, nous devrons concentrer notre regard sur les changements des consciences, des mentalités, du caractère social qui semblent être à l’origine de toutes les formes de changement, desquels résultent les fractures observées dans le système social,  .qui est toujours examiné par référence à son état traditionnel, qui tout en se préservant dans les esprits comme un support d’identification,  ne cesse de perdre sa faisabilité, face aux nouvelles exigences de la vie quotidienne actuelle.

          C’est à partir de ce moment seulement, que nous pourrons identifier le socle global qui va contenir les fluctuations parcellaires, et nous fournira le moyen de trouver le fondement commun à toutes les crises singulières que nous pouvons observer au sein de la  société algérienne.  

       Une priorité, semble des plus urgente si nous voulons contribuer à la compréhension de la réalité actuelle de la société algérienne, et tenter d’en déduire les tendances futures possibles, qui est celle de la définition des concepts clefs de l’analyse, et notamment celui de « crise ».

       Définition du concept « crise » :

         Une fois que l’Algérie s’était transformée en l’événement du moment, et que les médias se sont approprié le droit  d’expliquer cet événement le qualificatif de « crise » est devenu inhérent à tout événement ayant  lieu au sein de la société algérienne.

        Tout le monde était d’accord pour dire que : la société algérienne est en crise, que les évènements d’Octobre 88, ont mise à nu,  en même temps qu’ils constituaient une rupture historique, dans l’évolution de la société et ses fluctuations accrues, depuis l’indépendance.

L’après Octobre algérien allait apporter du changement, et pour la première fois depuis longtemps, l’optimisme se faisait sentir, et se laissait voir venir de loin.  

       Le terme de « crise » a servi de concept clés dans l’explication de la « situation en Algérie » et à  même fini par s’installer dans le langage quotidien des gens. Sa capacité d’être « un mot passe-partout » lui conférait une position privilégiée dans toute les explications et interprétations des événements, surtout qu’il donnait l’image de la transparence, donc qu’il était a priori compréhensible.

 Par la suite, le terme de « crise » a acquis le statut de concept dans les analyses savantes  de la situation algérienne sans recourir à l’effort de construction habituellement exigé dans ce type d’investigation. 

Cette situation peut être expliquée à différents niveaux :

1-       La tentation de succomber à «  l’illusion de transparence » et de concevoir le concept de « crise » comme étant un concept qui s’offre à la compréhension de façon a priori.

2-       L’absence de tout « socle paradigmatique commun où s’enracinent les élaborations  théoriques sectorielles » (A. Béjin, E. Morin, 1976) ( P.3)

  Avant d’aborder l’examen des études consacrées à la crise de la société algérienne, nous allons tenter d’examiner quelques définitions du concept de « crise » :

        Le dictionnaire  «  Le Robert » de langue française, définit le terme crise comme : « une phase grave  dans l’évolution des choses, des évènements et des idées ».

        Une crise est une « perturbation ou rupture d’équilibre, remise en cause des valeurs, tentions ou conflits, risques d’anomie » selon le dictionnaire des  sciences sociales.

      Madeleine Grawitz pour sa part cite Jean Jacques Rousseau, lequel a écrit dans l’ « Emil » en 1762 «  nous approchons de l’état de crise et du siècle de révolution » et puis Goethe qui déclare que « toute les transitions sont des crises et la crise n’est-elle pas maladie ? »

     Pour Saint Simon, Fournier et Proudhon, nous dit-elle « La crise peut La crise peut également être conçue comme une étape vers un meilleur équilibre social ».

Pour sa part, Grawitz écrit qu’une crise induit «  toujours une situation de conflit de forte intensité, de remise en cause des valeurs des rapports entre les générations, entre groupes sociaux. Une période d’inquiétude et d’une crise de confiance ». (M. Grawitz, 1991) (P.100)

    Edgar Morin définit le concept de crise comme étant : «le moment où, en même temps qu'une perturbation, surgissent les incertitudes … » C’est de là que vient sa conviction qu’ « un des premiers effets de …toute crise est de rendre incertain ce qui était certain, trouble ce qui est clair ; et de soulever des contradictions au sein d’une notion qui semblait cohérente. » (E. Morin, 1984) (P.443). Dans la même optique, quoique d’une portée plus large, Jacques Attali  considère que «  ce qu’on nomme la crise n’est que la longue et difficile réécriture qui sépare deux formes provisoires du monde ». 

        On nous référons à ces définitions, nous considérons que ce qui est appelé « la crise de la société algérienne » est le moment historique de la rencontre et de l’affrontement de deux caractères sociaux différents, mais pas complètement antagonistes, le premier traditionnel ; cherchant à préserver l’ordre ancien, le second moderne, fruit du processus de modernisation par le développement et de la conjoncture mondiale.

Pour faire la synthèse de ces définitions, il nous semble qu’au delà de son utilisation  dans d’autres champs, nous pouvons concevoir le concept de crise comme :

1- Un moment de l’histoire d’une société

2-       Ce moment marque la fin d’un ordre, d’une pratique, d’une tradition

et   l’émergence d’une nouvelle.

3-       C’est un moment chargé de tensions par l’affrontement de deux ordres antagonistes

4-       C’est aussi, un moment annonciateur du passage vers un ordre nouveau ou le maintien de l’ancien.    

 

        Les lectures de la crise algérienne :

           La complexité de la crise se reflète sur les études consacrées à la société algérienne, surtout celles écrites par des Algériens, qui partent toutes de deux constats fondamentaux : le premier atteste que la société algérienne est en crise et qu’il y’a urgence à l’expliquer ; le second est que les études proposées jusqu'à présent, privilégient les approches fragmentaires, sectorielles, au détriment d’une approche globale , qui rendrait compte des fondements de cette situation de crise, par lesquels s’expliqueraient, par la suite, les signes crisiques observés au sein des différents secteurs de la vie sociale.

      De là, nous retrouvons une multitude d’analyses, présentant le phénomène de  crise qui traverse la société algérienne sous une forme multidimensionnelle, causée par une multitude de facteurs, mais qui restent liés, essentiellement  aux effets dévastateurs de la colonisation d’une part, et aux choix stratégiques de l’Etat algérien d’après l’indépendance, d’autre part.

       Dés lors, la crise revêt une dimension politique, économique, sociale et culturelle qui émanent des situations nouvelles, introduites au sein de la société  algérienne  par le contact direct avec la culture nouvelle du colonisateur, et qui s’est consolidé par l’appropriation de l’idéal  du «  progrès » à travers l’adoption de la voie du développement au lendemain de l’indépendance.

      Par ailleurs, même si la thématique de la crise reste le point partagé, par la majorité des auteurs, néanmoins, chacun d’eux,  préfère aborder son étude par des concepts différents, tels  que : la mutation, la transition, le changement.

       Djamel Guerid a  expliqué cet état  de « L’exception algérienne » en soutenant l’idée que : « C’est la colonisation et la civilisation industrielle qu’elle portait, ainsi que le rapport à la colonisation (résistance et adaptation) qui sont à la base du façonnement, en profondeur, de la société algérienne et qui expliquent, en particulier, pourquoi cette société et son élite vivent présentement dans la division et l’antagonisme culturels »

 ( D. Guerid,2007) (P.17) et  Lahouari Addi étudie « Les mutations de la société algérienne » qu’il observe dans la transformation des liens sociaux ,qui a produit une crise violente dont les causes sont à rechercher, « dans les représenterions culturelle propres à la société algérienne, marquées par la valorisation de la sphère domestique et la méfiance à l’égard de tout ce qui est extérieur . Le groupe familial est si important aux yeux de ses membres que le système social apparaît comme une juxtaposition de familles que l’Etat n’a pas été capable de doter d’un espace public où l’individu se sente en sécurité. ».

 (L. Addi, 1999)  (P. 08) 

        Mostafa Boutefnouchet aborde, quant à lui, « La société algérienne  en transition », qui « ne saurait se détacher du schéma général de la transition social dans les pays en développement par le fait de la colonisation d’abord, par le fait d’une transformation brutale du mode économique artisanal et agraire à la libéralisation…en un mode industriel d’autre part, par le fait d’une urbanisation accélérée bouleversant les rapports ville-compagne antérieurs. Ce large mouvement est devenu la logique centrale de la transition social.».(M. Boutefnouchet, 2004) (P. 7).

        Djilali Sari cherche des éléments de stratégie pour comprendre et remédier à « La crise algérienne économique et sociale »  qui voit que « plus que jamais, l’Algérie se débat dans une crise fort complexe, profondément et durablement... » . Pour la comprendre, il faut investir « le champ social en focalisant l’attention plus particulièrement sur les bouleversements démographiques intervenus durant les trois décennies écoulées » (D. Sari, 2001) (P. 09).

            Ces quelques titres sont loin de rendre compte du nombre important des écrits consacrés à la société algérienne, depuis les années 90 écrit en langue française ou en langue arabe, mais ils nous servent de point de départ pour proposer les éléments d’une nouvelle lecture de la crise algérienne.

            Les thèses défendues par les différents auteurs peuvent être regroupées autour de trois axes essentiels :

 1- La famille, la sociabilité et les modes de construction des relations sociales

  2- Les mouvements de la population et l’évolution du phénomène démographique

  3- Les modalités de l’exercice du pouvoir politique et la gestion de la production et la distribution des richesses

           Trois axes qui renvoient respectivement au niveau  socio-culturel, celui de la démographie et enfin le niveau politico-économique.

 Quelque soit la différence des arguments avancés, par les uns et par les autres, ils  aboutissent tous à la même conclusion : que  le poids de l’expérience coloniale sur la structure de la société et l’échec du projet de développement d’après l’indépendance, ont abouti à une crise multidimensionnelle qui déstabilise la société algérienne, et qui se trouve à l’origine de tout, les maux sociaux, dont souffre actuellement, notre société

     Les analyses proposées, jusqu’à maintenant, privilégient l’approche parcellaire, qui rend compte des effets de la crise dans un domaine particulier de la vie sociale, au détriment de l’approche globale, qui tenterait d’expliquer le fondement commun à toutes ses mutations singulières.

    Cette situation s’explique par la complexité des réalités observées, qui orientent le regard des analystes vers ce qui est immédiatement observable, accessible et mesurable. Edgar Morin disait dés 1956 : «  Il est facile d’examiner isolément les changements technologiques, économiques, juridiques et idéologiques…etc. ; la difficulté est de tenter d’examiner l’ensemble des changements sociaux ; on risque soit de se noyer dans une confusion totale…soit de privilégier un facteur déterminant au mépris de la complexité du réel » (E. Morin, 1984) (P.443).

        Le lecteur de ces écrits prend très vite conscience de cette confusion. Et souvent, ce même lecteur, aussi  averti qu’il puisse être, termine sa lecture avec une question : «  mais que s’est-il passé au juste en Algérie? »

       Faisons comme premier constat que : cette situation semble être le résultat de l’intérêt des différents auteurs pour le déroulement du processus de modernisation de la société algérienne ; à rechercher les effets et les conséquences des différents processus de modernisation introduits, de façon consciente et volontaire, dans la dynamique de la société algérienne ; par l’industrie (le projet de développement et de modernisation  fut par essence  un projet industrialiste) , puis par l’instruction et la scolarisation et enfin par l’urbanisation.

      Le souci fondamental, de la majorité des textes analysant la crise de la société algérienne, était de mesurer le degré de réceptivité  (ou de refus) des « choses » de la modernité. Dés lors on s’est mit à examiner les pratiques sociales, afin d’évaluer leur conformité aux exigences de la vie moderne ou à détecter leur déviance par rapport à celle-ci ; donc à rechercher les formes de résistance par la préservation des références traditionnelles, lesquelles allaient témoigner de l’échec du projet de modernisation de la société.

     Cette attitude était devenue, d’abord, une norme de dialogue entre les différentes fractions de la société, notamment celle des intellectuels, puis elle a servi de fil de partage entre le monde des modernistes et celui des traditionalistes, (ou progressiste et conservateurs)

      Cette déduction fait jaillir dans notre esprit l’image de celui qui tente de mettre une photographie dans un cadre, mais il doit les ajuster pour qu’ils puissent lui offrir une belle image, et donc, lui procurer du plaisir.

     Comme pour celui qui tentait d’ajuster sa belle photo au cadre pour l’embellir encore plus, les analystes de la crise algérienne  noircissent l’image de la société vu qu’ils portent un regard noir sur elle.

     En s’interrogeant sur l’utilité de la sociologie, Raymond Boudon citait le sociologue allemand W. Lepenies qui avait écrit que «  Les fondateurs de la sociologie se sont sentis d’emblée confrontés, … à un choix fondamental : peut-elle, comme les sciences de la nature, chercher en premier lieu à créer du savoir ? Ou bien doit-elle prendre acte de ce que la complexité des phénomènes sociaux les rend inaccessibles à l’analyse scientifique, et développer plutôt des analyses de caractère essayiste qui, à défaut de pouvoir être vraies ou fausses, soient surtout plus ou moins séduisantes ? » (R. Boudon, 2000,)

      Cette citation semble convenir à l’esprit dans lequel les textes qui font l’objet de cette discussion, sont écrits ; notamment, chez nous, où il n’y a de discours plus séduisant que celui qui fait de la critique, surtout si elle est ornées de statistiques et de données d’enquête, qui lui procurent objectivité et légitimité.

        Le second constat concerne l’utilisation du concept « crise » sans en examiner ses contours, ni fixer sa (ou ses) définition (s).  

        Le troisième constat concerne la portée de l’analyse qui semble écarter (ou marginaliser) l’influence du contexte mondial, et qui tend à devenir une dimension centrale dans toutes les dynamiques sociales des sociétés humaines, qui s’impose comme un indicateur indispensable, dans les études sociologiques actuelles.

        Le concept de crise est, le plus souvent, utilisé dans les analyses de la crise de la société algérienne, pour dire que : les choses ne vont pas comme elles devraient, et deviennent le résultat d’une progression, une mutation, ou un changement. Il reflète ainsi une situation de perturbation, de déséquilibre qui potentiellement conduira à des ruptures.

         Ces textes portent explicitement l’empreinte de cette idée de perturbation ; Djamel Gued atteste clairement qu’ : « à partir du début des années 90, la société algérienne est entrée dans une crise organique sans précédant… » (Guerid, 2007) (P. 16) résultat de l’expérience du développement des années 1970.

       A noter que  Lahouari Addi déclare, dés l’introduction de son ouvrage, qu’il analyse « la crise sociale…exacerbée par les profondes mutations à l’œuvre dans la société… » ( Addi L. 1992) (P. 15). Il entreprend alors de faire « un essai d’explication des causes profondes de la crise violente qui secoue l’Algérie d’aujourd’hui…» (Addi L.1992)

(p. 17).

         Mostafa Boutefnouchet, considère que la crise est le résultat de la déviance du processus de transition, qui a été imposée par les pouvoirs publics et les instances internationales, mais qui n’a pas été adapté à la spécificité de la société.

       Djilali Sari, quand à lui, voit qu’il serait plus pertinent de concentrer notre regard sur les fluctuations de la société, notamment les bouleversements démographiques, que de se focaliser sur l’impasse politique.

        La démarche adaptée par ces auteurs se répète dans la totalité des études qui ont traité ce sujet : la notion de crise y est déployée en concept clefs, servant à décrire le résultat d’un processus, en cherchant les facteurs qui ont produit ce résultat dans le cheminement du même processus.

        Toutes ces analyses évoquent le changement, la transformation, les mutations dans les structures, les conditions de vie, puis les comportements, les attitudes et les perceptions, mais elles n’accordent  pas d’attention (ou qu’accessoirement) à la source de toutes ces fluctuations qui comme dirait Durkheim est « la conscience collective » du moment présent, « L’esprit du temps » comme l’appellerait  Morin ou « le caractère social » selon la théorie de Riesman. Ajoutons a cela que la société, vue comme un système, fonctionnant par l’interrelation de ses parties, ne produit pas que de l’harmonie ; bien au contraire, elle vit aussi de es antagonismes.

     Une crise dans un monde en crise :

          Les analyses proposées de la crise algérienne, incluent rarement la situation crisique du monde durant le XX° siècle. Mais la réalité nous dit clairement que le    monde est en crise, la société algérienne l’est aussi. Est-ce un hasard ? Ou est-ce la caractéristique de notre époque ?

              Le terme « crise » est entré dans le langage courant, il n’y a pas de domaine auquel on n’attribue pas cet état de crise. La crise à même touché la conscience au point de devenir une conscience de la crise ; « La notion de crise s’est répondue au XX° siècle à tous les horizons de conscience contemporaine. Il n’est de domaine ou de problème qui ne soit pas hanté par l’idée de crise : le capitalisme, la société, le couple, la famille, les valeurs, la jeunesse, la science, le droit, la civilisation, l’humanité… » (Morin E, 1981) (P.528.)

       La crise est donc partout autour de nous, mais  « cette notion, en se généralisant, s’est comme vidée de l’intérieur. A l’origine, Krisis signifie décision: c’est le moment décisif, dans l’évolution d’un processus incertain…aujourd’hui crise signifie indécision. C’est le moment où, en même temps qu'une perturbation, surgissent les incertitudes …dés qu’elle s’élargit à la culture, à la civilisation, l’humanité, la notion perd tout contour. Elle permet tout au plus de dire que quelque chose ne va pas… . » (Morin E, 1976) (P.149).

Et c’est pour dire que les choses ne vont pas comme elles devraient l’être, que le concept de crise est souvent utilisé dans les analyses de la crise de la société algérienne.

        Pour pouvoir appréhender les spécificités  de la crise algérienne, il nous faut prendre en compte la nature crisique des sociétés contemporaine qui tout en se perfectionnent indéfiniment, créent les conditions favorables aux disfonctionnements dans les dynamiques des ordres établis, qui s’offrent continuellement aux changements et aux transformations.

       Cette situation est progressivement devenue la caractéristique du monde contemporain, et a imposé une attitude de « veille constante » pour affronter ses incertitudes ; Edgar Morin va jusqu'à dire que : « le grand progrès apporté par la décennie 1970  a été la reconnaissance de l’incertitude. C’est bien le premier sens qu’apporte avec lui le mot « crise », là surgissement de l’incertitude là où tout semblait assuré, réglé, régulé, donc prédictible» ( Morin E, 1981) ( P.326)

Cette incertitude qui s’étend à tous les domaines de la vie, avec un rythme de plus en plus accéléré, s’accompagne du sentiment de risque et le transforme en catalyseur de toutes les énergies des individus, et pousse ces derniers à reconsidérer leurs représentations du temps, qui les conduit de plus en plus, vers l’incertain et créé l’obligation de « … tenter de considérer la boucle passé _ présent _ futur en ayant le sens des complexités propres à l’évolution historique. Prévoir devient dés lors, explorer le sens des tourbillonnements du présent. Il ne s’agit plus de vouloir contrôler, il s’agit de veiller, guetter dans et avec l’incertitude »( Morin E, 1981) (P.327)

 

       Ce sentiment d’incertitude semble avoir marqué  le caractère social des Algériens pendant la colonisation ; la peur de vivre un jour sans lendemain  poussait les gens à être dans un état de veille constant qui se reflétait  aussi bien sur les pratiques de la vie quotidienne que sur le projet d’indépendance et de progrès ; la façon dont on gérait l’économie domestique, à titre d’exemple, témoigne de cet esprit : elle se basait sur la gestion de la rareté qui faisait la paire avec l’orientation des besoins vers le stricte nécessaire, ou sur les formes de socialisation qui repoussaient les effets de l’acculturation et préservaient l’identité algérienne, ou au niveau de la stratégie de la résistance politique et militaire… .

         L’abandon de ce sentiment d’incertitude, au profit de l’euphorie  de l’indépendance et la croyance en la maîtrise  du destin, a énormément contribué à l’émergence de cette situation de crise actuelle, surtout que « La mondialité est la forme moderne du destin »  (Morin E, 1984, 439) , ce qui signifie que, même si l’on veut tracer le chemin de son propre destin, on se retrouvera contraint de suivre la conjoncture globale  du moment et de se plier aux exigences de « l’esprit du temps » (. De là, ce qui peut paraître comme un choix volontaire, réfléchi, rationnel et contrôlé ne serait que tentative de se créer une voie dans le chemin du destin commun. Et telle était la situation des sociétés colonisées après leur indépendance ; pendant longtemps, elles ont vécu en dehors de l’histoire, et voilà qu’elles se trouvent devant le défi de retrouver leur place, dans un monde déjà organisé, catégorisé  et qui ressemblait aux denrées prêtes à l’emploi.

    La modernité comme destin mondialisé :

         Au même moment où le monde occidental entrait de plein pied dans l’ère des incertitudes, selon Morin, celui des « désillusions du progrès » d’après Raymond Aron, ou selon le qualificatif le plus récent de la « société du risque » d’ Ulrich Buck, le tiers-monde s’appropriait le projet de rompre avec sa situation traditionnelle et de réaliser son passage vital vers un état de société moderne, pour enfin faire partie de cette destinée commune à toutes les sociétés du monde, et de là, intégrer les chemins de l’histoire.

Pour réaliser ce projet, les dirigeants des pays du tiers-monde, n’avaient d’autres alternatives que celle émanant de l’occident déjà modernisé puisqu’: « En tant que premier à s’être modernisé, l’occident a joué un rôle moteur dans le développement de la culture moderne.»

(Huntington S, 2000)  (p87)

    La modernisation, le développement et la crise :

        Les promesses des doctrines  glorifiant le développement, durant les années 50 et 60, ne laissaient aux nations, nouvellement indépendantes, aucun autre choix pour atteindre les avancées réalisées par l’occident dans sa quête du progrès et de la modernité. Le colonisateur de jadis, oppresseur et meurtrier, combattu au sang et au fer, est maintenant un modèle à imiter, et  à qui il faut ressembler.

Ibn khaldoun ne disait-il pas « le vaincu est épris par l’imitation du vainqueur » il y a quelques siècles déjà. Et telle était la situation de la société algérienne et de son élite dirigeante après l’indépendance.

       La réalité, même partiellement, montrait que la société avait changé ; elle n’était plus conforme à son état traditionnel, d’avant la colonisation, et puisque ne pouvant pas être au  niveau  des sociétés occidentales développées, elle se retrouve donc, dans la situation de sous-développement, parmi les pays du tiers monde qui ont accumulé un grand retard sur l’histoire et qu’il devaient rattraper, pour atteindre le progrès et la modernité. On se devait de mobiliser toutes les ressources possibles, afin d’atteindre le sommet de la hiérarchie dans laquelle, les nations et les sociétés sont classées selon leur degré de développement.

Dans ce contexte : « L’idée de progrès semblait évidente à la fois comme direction assurée et comme progression affective. La croissance économique semblait déterminer le développement économique, lequel déterminait le développement social et individuel. L’accroissement quantitatif  entraînait de lui-même l’épanouissement qualitatif. » (Aaron R, 1969 ((P.335).

Dans cette perspective, la nation algérienne s’était engagée dans une course contre le temps, pour réaliser cet objectif, qu’on croyait à portée de main, vu que   les ressources, notamment financières, étaient disponibles. Dans l’euphorie de l’indépendance et les promesses alléchante de quelques théories du développement, une fraction de la société algérienne, son élite, s’est donné la mission de conduire l’ensemble de la société vers un destin meilleur, celui que chacun d’entre eux voyait se faire et se perfectionner, de jour en jour, chez les colonisateurs d’avant. Dans ce climat plein aussi bien,  de volonté, d’enthousiasme, de détermination, que  de désir de vengeance sur l’histoire,  on a cru, puisque l’on pouvait acheter les outils de la civilisation, qu’on la réalisait, comme dirait Malek Bennabi, mais aussitôt les procédés de développement et  de « modernisation (mis) à l’épreuve de la société» ils se voient dans une impasse, qui a produit « l’exception  algérienne » que nous vivons aujourd’hui.

Fondements d’une nouvelle lecture de la crise algérienne :

        Dans son projet d’élaboration d’une « crisologie », Edgar Morin part d’un fondement élémentaire ; «  si ont veut … Concevoir la crise….au delà de l’idée de perturbation… de rupture d’équilibre, il faut concevoir la société comme système capable d’avoir des crises …». ». (Morin E, 1976) (P. 160)  Et le système, comme tout « ensemble organisé par l’interrelation de ses constituants, doit faire appel nécessairement à l’idée d’antagonismes. Toute interrelation entre éléments, objets, êtres, suppose l’existence et le jeu d’attraction, d’affinités, de possibilités de liaison. Mais s’il n’y avait aucune force d’exclusion, de répulsion, de dissociation, tout se ressemblerait dans la confusion, et aucun système ne serait concevable … ». (Morin E, 1976) (P. 158) .Donc « …les complémentarités des systèmes sont indissociables des antagonismes… ». (Morin E, 1976) (P.158).

           En suivant cette logique, en peut déduire que ce que nous appelons «  la crise algérienne » n’est autre que le résultat de toutes les dynamiques qui traversent toutes les structures de la société, et que, au cours de leurs évolutions dans le temps et par l’effet des influences constantes des différents éléments endogènes et exogènes, ont produits ces tendances antagonistes qui, à force de s’affronter mutuellement  dans le champs des rapports structurels, se sont transformées en  objets de conflits dont l’accumulation et la sensibilité des enjeux ont conduit à l’explosion. Ce qui a donné à la crise algérienne son image spectaculaire et surtout  choquante .Mais pour celui qui veut concentrer sont regard sur toutes les fluctuations de la société, et qui donc  ne se contente pas d’examiner les faits politiques et économiques, va sans doute affronter l’obligation d’insérer la situation crisique de la société algérienne dans le contexte mondial global, et de là  investir le champ culturel dans lequel versent les fondements nouveaux de la théorie sociologique actuelle.

           En effet, La crise de la société algérienne  puise ses sources dans le décalage entre le système culturel global, celui qui porte l’empreinte de la société traditionnelle  qui reste géré par les différentes composantes des générations des aînés et qui persiste essentiellement dans les représentations, les discours, et les rapports et relations effectives dans la vie quotidienne ; ceux qui orientent les actions et procurent aux acteurs sociaux une part de participation individualisée privilégiée, et qui souvent tendent à c’émanciper des orientations traditionnelles de leurs aînés.

Ce décalage est progressivement devenu une source de contradiction et d’antagonismes à force que les générations se renouvellent. Au même temps que grandit le besoin au renouvellement du système culturel global.

             Ainsi la société, comme système fonctionnant par l’interaction de ses éléments, ne peut exclure le rôle de l’individu dans la dynamique sociale et surtout dans les processus du changement social. Les antagonismes, qui produisent les perturbations ne se trouvent pas uniquement dans les sphères du passage d’une forme de société à une autre, sous l’impulsion de facteurs d’horizons et de natures différentes, mais ils proviennent aussi, et surtout,  des consciences des individus qui forment ce système, d’où la possibilité de voir apparaître les contradictions et antagonismes dans toutes les parties du système social global.

           Les consciences des individus comportent une : « partie du caractère qui est commune à plusieurs groupes sociaux importants et qui …est le produit de l’expérience de ces groupes… » David Riesman nomme cette composante du caractère individuel : le caractère social (D.Riesman, 1964) (P.24).

            Ce caractère  commun provient de la façon dont la société en question « s’assure un certain degré de conformité de la part des individus qui la composent…dans chaque société une telle méthode est inculquée aux enfants, pour être encouragée ou entravée par la suite au cours des expériences de vie  adulte… »    (D.Riesman, 1964) (P.25)

    Ces modes de conformité sont tributaires des procédés de la socialisation des individus, ainsi que de leurs contenus. Et même si  la famille reste toujours le premier noyau de la construction de la conformité, il est maintenant évident que son champ d’action se trouve, de plus en plus, limité par une multitude d’autres instances qui assurent la même fonction, notamment les massmédias. 

      Pour la situation de la société algérienne, Mustapha Boutefnouchet a bien diagnostiqué sa spécificité, quand il a évoqué la façon dont se déroule le mouvement de transition dans la société algérienne qui finalement « … ne saurait se  détacher du schéma général de la transition sociale dans les pays en développement… » (M. Boutefnouchet, 2004) ( P.07) mais qui tout de même « … se déroule…en fonction de deux caractères spécifiques que d’autre pays n’ont pas connus avec la même intensité : la rapidité du mouvement et sa brutalité… la brutalité relève directement … de la violence révolutionnaire pour libérer le pays, ensuite, de la même  violence révolutionnaire pour la domination d’une élite gouvernante, enfin, du recours à la violence pour imposer un projet de société à la sortie du régime socialiste…  » . (M. Boutefnouchet, 2004 , P.07).

Toutes ces formes de violences se sont jumelées avec la rapidité du rythme de la transition  pour produire une société de consommation  de masse.

        L’histoire récente nous laisse penser que le monde vit une crise au sens de Jacques Attali qui pense que : « Ce qu'on nomme la crise n'est que la longue et difficile réécriture qui sépare deux formes provisoires du monde … » et qui semble avoir atteint l’impasse dans le monde occidental vers les années 60, pour accorder un délai supplémentaire au reste du monde qui devait commencer à affronter la même situation à partir des années 80.

      A ce propos, les analyses faites des événements de mai 68 en occident, ne nous semblent pas totalement inappropriées à la situation des autres régions du monde, et bien entendu de l’Algérie. Edgar Morin «… a interprété mai 68 comme un mouvement d’émancipation de la jeunesse en vue d’abolir son statut de mineur. Alors que les adultes perdaient de l’importance sur le plan économique… et que les jeunes s’émancipaient sur le plan personnel et professionnel de leur famille, les parents continuaient à se comporter de façon autoritaire comme s’ils avaient toujours le pouvoir. Les désajustements entre l’évolution du modèle culturel global et les rapports de générations au sein des familles aurait contribué à une crise grave contre la société, dont les valeurs étaient incarnées par les parents, les patrons, les professeurs…. » (I. Chapellière, N. Ordioni, 1996(  ( P.37).

Conclusion :

       Penser la mutation dans une société est une tache très difficile, ce qui rend l’analyse de la  crise de la société  algérienne difficile et complexe, vue que nous concevons cette crise comme étant le reflet et le résultat de cette mutation, et  qui est comme là définit Morin « … un ensemble de transformation de tout ordre, qui concerne la vie quotidienne…c’est un processus incertain aléatoire, et nous nous n’arrivons pas a le comprendre, pourquoi ? ‘D’abord parce qu’il y a toujours un retard de la conscience sur ce qui est vécu…Ce retard de la conscience est d’autant plus grand que le processus mutationnel s’amplifie et s’accélère avec une extrême rapidité… » (Morin E, 1984)  (P.20) pour cette raison, il nous faut tenter de comprendre la mutation de la société algérienne à travers l’investigation  du camp culturel en partant du caractère social et le formes de conformité qui caractérisent notre société actuellement.

       Dans ses « Leçons de sociologie sur l’évolution des valeurs » Célestin Bouglé a écrit en 1922 : « Une société n'est pas seulement échange de services ou collaboration de forces, mais communion de sentiments... Il y faut, à chaque génération, une œuvre d'initiation. Insuffisance, d'une part, du dressage mécanique ; d'autre part, de l'instruction purement intellectuelle. Pour faire respecter l'ensemble des valeurs qui constitue la meilleure raison d'être d'une société, des suggestions de sentiments demeurent nécessaires ».

Cette proposition n’est que la première ébauche de notre réflexion sur le sujet qui doit être consolidée par une investigation sur les aspects de la crise que vit notre société.

Bibliographie :

1 - Aaron Reymond, (1969), les désillusions du progrès, Gallimard, Paris.

2 - Addi Lahouari, (1999) , les mutations de la société algérienne, famille et lieu social dans l’Algérie contemporaine, Ed, la découverte, Paris.

3 - A. Béjin & E. Morin, pour une crisologie, introduction, Communication, Numéro 25,1976, p1-3. http://www.persee.fr

4 - Boutefnouchet Mustapha, (2004), La société algérienne en transition, Alger, OPU,

5 - Boudon Reymond, A quoi sert la sociologie ?, Académie des sciences morales et politiques, Cités, 10, 2002, p 131-154, http://www.asmp.fr.

5-Célestin Bouglé, (1922), Leçons de sociologie  sur l’évolution des valeurs, Armand Colin, Paris, http://dx.doi.org/doi:10.1522/cla.boc.lec

7 - I. chapelliere & N . Ordioni, Le changement social contemporain, (1998), Les économiques, Ellipses, Paris.

8 - Guerrid, Djamel (2007), L’exception algérienne, La modernisation à l’épreuve de la société, Casbah Edition, Alger.

 9 - Grawitz Madeleine, (1999) le lexique des  sciences sociales, Dalloz, Paris.

10 - Huntington Samuel,  (2000),  Le choc des civilisations, Odile Jacob, Paris.

12 - Morin Edgar,(1984), Sociologie, Fayard, Paris,

13- Morin Edgar, (1981), Pour sortir du XXème siècle, Fernand Nathan, Paris .

14 - Morin Edgar,  1976, Pour une crisologie, introduction, Communication,Numéro 25,  p 149- 163, http://www.persee.fr

15 - Riesman David, (1964), la foule solitaire, Anatomie de la société moderne,Traduit et préfacé par Edgar Morin, Ed Arthaud, Paris,

16 - Sari Djilali, (200,0), La crise Algérienne économique et sociale, Diagnostic et perspectives. Eléments de stratégie, Publisud, France.