Structure et organisation de la filière avicole en Algériepdf

 - Cas de la wilaya de Bejaia -

Structure and organization of the poultry sector in Algeria

 - Case of the province of Bejaia -

Lyes KIROUANI

Université A. Mira, Bejaia; Algérie 

 

Résumé : 

L objet'de cette étude, qui a été menée dans la wilaya de Bejaia  est  de  présenter la situation de la filière avicole dans la région. Le développement de la filière avicole en Algérie était en grande partie, le résultat  des politiques incitatives mises en œuvre au cours de la décennie 80 qui visait à couvrir le déficit en protéines animales dont soufrent les algériens. Malgré la prédominance des zones montagneuses dans la wilaya de Bejaia,  la filière avicole a enregistré un développement très considérable ces dernières années. En effet, cette filière a attiré beaucoup d’investisseurs privés, ces derniers se sont engagés dans l’élevage, la production d’aliments, la transformation des produits avicoles et dans l’importation.... 

Malgré ces efforts des pouvoirs publics, cette filière souffre de beaucoup de difficultés qui entravent son  bon fonctionnement. 

Mots clés : Aviculture, Filière, Filière Avicole, Elevage, Industries de Transformation. 

Jel Classification Codes : C42, Q13, R11. 

Abstract: 

The aim of the study, which was conducted in the province of Bejaia is to present the situation in the poultry industry in the region. The development of the poultry industry in Algeria was largely the result of the incentive policies implemented during the 80s that aimed to cover the deficit in animal protein Algeriansuffers. Despite the predominance of mountainous areas in the province of Bejaia, the poultry sector has recorded a considerable development in recent years. Indeed, this sector has attracted a lot of private investors; they are engaged in farming, food production, processing of poultry products and the import…. 

Despite the efforts of the authorities, this sector suffers from many difficulties that hinder its operation. 

Keywords: Poultry Farming, Industry, Poultry Industry, Breeding, Processing Industries. 

Jel Classification Codes : C42, Q13, R11

I-Introduction :

Au lendemain de l’indépendance, la production avicole dans sa quasi-totalité se reposait essentiellement sur l’élevage familial et quelques exploitations et unités de petite envergure. L’industrialisation des élevages avicoles en Algérie s’est imposée alors comme l’unique solution rapide et efficace pour résorber le déficit senti en protéine animale dans le modèle alimentaire algérien. La prédominance des zones montagneuses dans la wilaya de Bejaia a favorisé le développement de l’élevage avicole, une culture hors sol, ce type d’élevage est l’une des caractéristiques de l’aviculture moderne ce qui la propulse au quatrième rang au niveau national en matière de production avicole. L’objet de cet article est de voir de près la situation et le fonctionnement de la filière avicole dans la wilaya ainsi le comportement des acteurs activant dans cette filière, enfin  nous allons souligner les difficultés dont  souffre cette filière.

II- Méthode utilisée

II-1. La notion de filière

Les économistes recourent souvent dans leurs études  à des outils et à des méthodes de travail pour analyser les tissus économiques. Ils ont besoin pour cela, de classer les acteurs économiques dans des ensembles distincts  en fonction de leurs activités, en fonction des relations existantes entre eux et en fonction de leurs comportements. C’est ainsi que nous les classons en secteur d’activité ou en branche d’activité. Le concept de filière s’inscrit, lui également dans cette logique.

Notre champ d’étude s’inscrit dans le cadre d’analyse d’une activité économique en recourant à un concept qui est celui de filière. Le recours dans cette recherche à l'analyse par filière nous a paru approprié ,car les études de filière peuvent nous  servir à  la fois comme  instruments  et moyens de description de la réalité économique et en plus comme un moyen d’analyse du système productif et commercial, en prenant en considération tout acteur intervenant  dans le fonctionnement de tout un  système.

II-1. 1. Historique et origine du concept filière dans l’analyse économique 

La notion de filière est  apparue à la fin des années 1950 pour analyser le secteur agricole et, plus spécifiquement, la distribution des produits agricoles. C’est à partir des années 1960 que l’utilisation de ce terme se propage.

La filière est ensuite utilisée pour décrire et représenter les différentes opérations pour nécessaires pour passer d’une matière première à un produit fini et pallier l’insuffisance des approches en termes de secteurs ou de branches.  L’utilisation de l’approche filière en économie est très récente, puisque c’est un concept qui a commencé à être utilisé couramment dans l’économie depuis les années soixante-dix. En premier lieu, le concept filière a fait sa percée dans l’économie industrielle ; puis, utilisé dans les domaines agricoles dans les années quatre vingt. Au-delà du débat sur la percée de cette approche dans l’économie.

Pour  Jussara Braz,(2002) [1]. «L’approche filière est  formulée dans le cadre de travaux en économie industrielle, ce concept est couramment utilisé depuis les années 70 pour étudier la production, la transformation et la commercialisation d’un produit spécifique et ses dérivés. Le concept de filière rompt ainsi avec l’opposition entre les démarches micro et macro-économiques. En effet, la filière relève d'une approche méso économique, à mi-chemin entre la micro-économie qui porte sur lecomportement individuel des agents économiques et la macroéconomie qui décrit le résultatagrégé au niveau d'un vaste ensemble (région, nation) des activités économiques individuelles».

II-1. 2. Définition du concept de filière 

La revue de littérature nous renseigne sur l’existence  d’une multitude de définitions pour faire référence à cette notion de «filière». Dans ce sens, nous voudrions en conséquence citer au préalable quelques définitions représentatives de la notion «filière» afin d’appréhender d’avantage ce terme.

Selon le dictionnaire d’économie et des faits économiques et sociologiques contemporains[2]. «Une filière de production se réfère à  l’idée selon la quelle un produit (bien ou service) est mis à la disposition d’un utilisateur final au terme d’un acheminement plus ou moins complexe qui relie des unités de production ayant des activités généralement variées. La représentation d’une filière de production conduit à distinguer trois segments :

-       le segment d’amont : qui concerne les matières premières brutes ou les consommations intermédiaires transformées ;

-       le segment central : qui regroupe les produits semi finis ;

-       le segment d’aval : qui regroupe les produits finis sur le marché.

A partir de l’amont, c'est-à-dire des produits bruts on parle alors de la descente le long de la filière et à partir de l’aval, c'est-à-dire des produits finis on parle de la montée de la filière.»  

N.TERPAND (1997)[3] ; elle stipule que : «L'analyse économique par filière, c'est l'analyse de l'organisation, à la fois sur un plan linéaire et complémentaire, du système économique d'un produit ou d'un groupe de produit. C'est l'analyse de la succession d'actions menées par des acteurs pour produire, transformer, vendre et consommer un produit. Ce produit peut être indifféremment agricole, industriel, artistique, informatique, etc.… ».

L’approche filière développée par Malassis (1971) cité par Michel LABONNE (1987)[4], « La filière se rapporte aux itinéraires suivis par un produit (ou un groupe de produits) au sein de l'appareil de production ; elle concerne l'ensemble des agents (entreprise et administrations) et des opérations (de production, de répartition et de financement) qui concourent à la formation et au transfert du produit jusqu'au stade final d'utilisation, ainsi que les mécanismes d'ajustement des flux des produits et des facteurs de production le long de la filière et à son stade final ».

Pour Y. Morvan (1999)[5], la filière est une succession de transactions aboutissant à la mise a disposition d’un bien (ou un ensemble de biens) au consommateur final situé a l’extrémité du processus de production et de transformation. L’articulation des opérations, largement influencée par l’état des techniques, est définie par les stratégies propres des agents qui cherchent à y valoriser au mieux leur capital. Les relations entre les activités et les agents révèlent des interdépendances et des complémentarités et le jeu de ces relations hiérarchisées contribue à attribuer la dynamique de l’ensemble.

Selon l’INSEE, la filière désigne couramment l'ensemble des activités complémentaires qui concourent, d'amont en aval, à la réalisation d'un produit fini. On parle ainsi de filière électronique (du silicium à l'ordinateur en passant par les composants) ou de filière automobile (de l'acier au véhicule en passant par les équipements). La filière intègre en général plusieurs branches.

Nous remarquons à travers les définitions précédentes :

-       l’absence d’une définition unique et universelle pour le concept filière.  Chacun dispose de sa propre définition et des limites qu'il entend donner à ce concept selon son champ d’investigation ;

-       la filière décrite, retrace en général  l’itinéraire suivi par un produit de sa phase primaire qui est considérée comme l’amont de la filière jusqu'à sa dernière phase qui est considérée comme l’aval de la filière.

-       Retracer l’itinéraire suivi par un produit depuis l’amont permet de voir la  succession d’actions et d’influences menées par chacun des acteurs économiques pour extraire, produire, commercialiser en gros et en détail, transformer, emballer, importer, exporter, transporter, et consommer un produit ou un groupe de produits.

II-1. 3. Objectifs de l’utilisation de l’approche filière   

Bien que l’étude de la filière ne se limite pas une approche strictement économique. Puisque elle peut être utilisée en physique, chimie, géographie, politique, culturelle. Notons qu’il existe des intervenants en dehors du circuit économique, influençant de près ou de loin le produit et le fonctionnement du système depuis l’amont jusqu'à l’aval de la filière. En effet, une étude par filière va permettre de connaître d’une façon très profonde l’entourage et l’environnement d’un produit et même l’environnement des intervenants sur ce produit et elle a plusieurs rôles et objectifs.

Pour (Morvan, 1985), cité par Papa Nouhine Dieye (2003)[6]: «Quatre rôles majeurs sont ainsi dévolus à la notion de filière à savoir 1)-technico-économique ; 2)-une modalité de découpage du système productif ;3)-une méthode d’analyse de la stratégie des firmes ; 4)- un instrument de politique industrielle

L’approche filière est utilisée alors  dans le but de mettre  en évidence :

a-  Les forces, les failles et les lacunes du système de fonctionnement de l’amont jusqu'à l’aval de la filière. En effet, le rôle d’une étude par filière est de mettre la lumière sur toute la voie empruntée par un produit depuis sa source primaire jusqu’à sa destination finale. Elle permet de mettre la lumière aussi sur les interventions des acteurs et leur environnement, de voir les points d'intervention possible individuellement et collectivement.

b-  Les entraves aux lois du marché c'est-à-dire l’influence de certains agents externes sur le fonctionnement de système. Ainsi, l’étude de la filière permettra de mettre en évidence les interventions qui favorisent certains acteurs et découragent d’autres.

c-   La définition et la délimitation des intervenants directs ou indirects sur le produit concerné, et de mettre en évidence les relations existantes entres eux. L’influence d’un comportement d’un acteur ou d’un groupe d’acteurs sur les autres intervenants. En effet l’étude de la filière met la lumière sur les actions et les réactions des acteurs et le niveau d’intégration des intervenants dans une filière qui comptent sur les synergies des autres participants et apportent aux autres une partie de ce qui est nécessaire pour leurs permettre une meilleure intégration[7].

d-  Souligner les actions monopolistiques servant à divulguer les situations de monopoles d’un intervenant ou des intervenants. Dans cette optique l’étude de la filière, nous fait un diagnostic général sur tous les points d’échange de produit étudié.

e-  Les coopérations des acteurs avec des agents externes et qui se situent en dehors du système aident à l’amélioration des interventions de ces acteurs sur le produit et la maîtrise du fonctionnement de système.

f-    La comptabilisation des charges et les coûts supportés par les intervenants durant les différentes étapes et les différents niveaux de fonctionnement du système qui permettront d’établir la fourchette des prix pour chaque étape et d’établir une étude comptable. Elle permet aussi de dresser une image sur le degré de la rentabilité de ce produit.

II-2. L’enquête de terrain

Afin d’appréhender la situation de la filière avicole dans la wilaya de Bejaia,  une enquête de terrain  a été menée auprès des différents acteurs de la filière avicole. Nous proposerons en premier lieu de souligner les objectifs attendus de cette enquête. En second lieu nous exposerons le champ de l’enquête et  la démarche méthodologique choisie pour atteindre les objectifs tracés.

II-2. 1. Présentation de la zone d’étude 

La région est Insérée entre les grands massifs du Djurdjura, des Bibans et des Babors, ces grands ensembles montagneux sont séparés par des plaines qui constituent une bande étroite sous forme d’un couloir entre ces deux massifs montagneux et qui se rattache avec la plaine de la région côtière. La wilaya est caractérisée par la prédominance de Zones montagneuses puisque la majorité de sa superficie est constitué de terres en pente qui occupent presque trois quarts de la superficie totale.

II-2. 2. Démarche méthodologique de l’enquête de terrain 

Une fois le recours à l’enquête de terrain s’est imposé comme l’outil optimal pour répondre à nos exigences de recherche, dans ce sens, il est de priorité d’expliquer et de clarifier la démarche méthodologique poursuivie pour  atteindre les objectifs soulignés auparavant. Dans cette optique, nous envisageons d’expliquer la méthode de l’échantillonnage adoptée, les difficultés rencontrées et la méthode utilisées dans l’analyse des résultats obtenus. L’enquête a touché deux types d’élevage seulement à savoir l’élevage de la poule pondeuse et l’élevage de poulet de chair en raison de leurs caractères dominants dans la région.

II-2. 3. L’échantillonnage 

Avant de déterminer l’échantillon à étudier, il faut au premier lieu déterminer la population mère, cette population qui nous servira ensuite de base de l’échantillonnage. Dans notre cas, la population mère est représentée par l’ensemble des aviculteurs activant dans le territoire de la wilaya de Bejaia et l’ensemble des unités industrielles de transformation de produits avicoles localisé dans cette même wilaya. Pour la meilleure représentativité de l’échantillon, il faut que l’échantillon intègre toute la population mère, mais dans notre situation, c’est quasiment impossible de réaliser ce cas sur le terrain.

Nous Avons recouru à un échantillon qualitatif qui couvrira toutes les subdivisions de la wilaya. Dans ce sens, nous avons recouru à l’utilisation de l’échantillonnage par quotas. C’est-à-dire, veiller à distribuer un nombre bien déterminé de questionnaires sur chaque subdivision agricole de la wilaya afin  de permettre de représenter ces subdivisions et d’appréhender la situation de cette filière dans chaque région dans  la wilaya  d’investigation.

III- Résultats et discussions

III-1. La situation actuelle

Selon les informations avancées par  la Direction des services agricoles (DSA), de Béjaia, jusqu'en fin 2013, il est à signaler l’existence dans la wilaya de quelque 505 établissements d'élevage de poules pondeuses et de 1036 de poulet de chair, l’activité avicole dans la wilaya concerne essentiellement la production de poulets de chair et de l’œuf de consommation et on peut souligner au passage l’existence de deux types distincts  d’aviculture, l’aviculture traditionnelle et l’aviculture moderne.

III-1. 1. L’aviculture traditionnelle 

Ce système d’élevage pratiqué depuis très longtemps existe toujours. Il se caractérise par un faible investissement initial, il est présent essentiellement dans les zones rurales, c’est toujours une tradition d’associer l’élevage de volaille aux autres cultures agricoles.

Ce type d’élevage se traduit par une vie en liberté des volatiles pendant le jour avec, le plus souvent un rassemblement de la volaille la nuit dans un poulailler traditionnel ou dans un abri. Selon les interviewés, les volailles élevées sont destinées en  premier lieu pour l’auto consommation en œufs et en viande et dans le passé pour le sacrifice lors des cérémonies traditionnelles, puisque dans la région le poulet occupe une place importante dans la vie sociale et les cérémonies traditionnelles. La plupart du temps, les poules sont libres et trouvent dans le milieu extérieur de quoi se nourrir. Quelques fois, elles peuvent recevoir des aliments sous forme de grains de céréales ou de déchets de cuisine. D’un point de vue sociologique, et contrairement à ce qui est rencontré dans le secteur moderne largement dominé par les hommes,  l’aviculture  traditionnelle est une tache principalement réservée aux femmes qui utilisent cet élevage à plusieurs fins comme  l’autoconsommation, le don  et la vente.

Il n’existe pas de statistiques officielles au niveau de la wilaya sur le nombre de producteurs traditionnels de volaille mais ce qui est sur est que c’est une activité qui est en plaine régression, ce recul est qui est due en grande partie à l’avancée de l’urbanisation, au développement économique et au succès de l’élevage moderne.

III-1. 2. L’aviculture moderne

Au cours de ces dernières années, cette méthode d’élevage s’est largement diffusée dans la wilaya. Ce type d’élevage demande des moyens financiers plus conséquents que les précédents. Les opérateurs dans ce domaine sont ceux qui disposent de ces moyens financiers ou qui ont un accès au crédit. Dans ce type d’élevage on fait plus attention à l’alimentation et au contrôle des maladies et on élève des poulets et les poules pondeuses à des fins commerciales, les volailles élevées sont de races améliorées d’origines étrangères. Ce type d’élevage est un grand consommateur d’intrants dont certains sont importés comme les intrants dans la production d’aliments et les produits vétérinaires.

Dans ce secteur de la filière avicole, on retrouve des éleveurs proprement dits c’est-à-dire les producteurs de poulets de chair ou d’œufs de consommation, des entreprises spécialisés dans la fabrication d’aliments, les entreprises de commercialisation des produits finis et d’intrants. Enfin, on trouve des entreprises qui s’activent dans l’abattage, la plumaison et le conditionnement des volailles en vue de la commercialisation. Selon la direction des services agricoles, On compte pour l’exercice 2012 / 2013 :

- 505 bâtiments d’élevage de poules pondeuses avec un effectif de 1672459 sujets ;

- 1036 bâtiments d’élevage de poulets de chair avec un effectif qui dépasse les trois millions de sujets.

III-2. L’amont de la filière avicole dans la wilaya

III-2. 1. Les unités de fabrication d’aliments 

Elles sont présentes sous deux formes juridiques déférentes :

-       Le secteur public

Ce secteur est représenté par l’unité de la production d’Aliments du Bétail (UAB) EL KSEUR du Groupe Avicole Centre (GAC). Cette unité est construite en 1983, s’étalant sur une superficie de 44 944 m2, l'UAB EL KSEUR possède une capacité de production de 15 tonnes/heure. Implantée dans la zone industrielle d'El Kseur, elle est non loin de la gare ferroviaire et à moins de 25 Km du port de Bejaia. Elle alimente 06 wilayas (Bejaia, Jijel, Bordj Bou Arreridj, Sétif, Tizi-Ouzou, Boumerdes) dans la fabrication des aliments du bétail.

-       Le secteur privé

L’activité des unités privées d’aliment reste très difficile à cerner tant de point de vue de la production totale de la wilaya que des potentialités de productions existantes dont la wilaya dispose elle. Les résultats de l’enquête affirment que, 35 des 119 aviculteurs questionnés soit un tau de 29.4% possède leurs propres usines de fabrication d’aliment, la capacité de ces unités privées varie de 0,5 tonnes/heure jusqu’à 10 tonnes/heure, mais la plus part d’entre elles, soit un taux de 66 %, possèdent une capacité de production d’une tonne par heure. L’enquête révèle aussi, l’existence de certaines associations entres aviculteurs pour s’approprier une unité de production d’aliment. Ces unités de production d’aliment sont mise en place par les aviculteurs dans le but de couvrir leurs propres besoins en aliments et avec un degré moins pour des raisons commerciales ; c’est à dire la fabrication d’aliments pour la vendre aux autres aviculteurs sauf dans le cas des unités qui possédant une capacité de production de 10 tonnes par heure, c’est un investissement qui est mis sur place essentiellement pour des raisons commerciales est pour répondre aux besoins des autres éleveurs.

Il est à signaler qu’une grande partie de cette activité se fait dans la clandestinité, ce phénomène est aggravé par la multiplication des circuits d’approvisionnement, engendrés par l’avènement des importateurs privés de matières premières

III-2. 2. Les importations

 A- Le secteur public

Ce secteur est représenté par l’unité Portuaire ONAB Bejaia qui est située dans la zone industrielle de Bejaia, plus précisément à IHADDADEN. Avec superficie de 4 859 m2, cette unité elle comprend un bloc administratif, une chambre froide et un hangar de stockage des matières premières, à savoir, le maïs, le tourteau de soja d’une capacité de stockage de 13 000 Tonnes. L’activité principale de l’UP Bejaia consiste à réceptionner les matières importées et à les distribuer à l’échelle régionale.

B - Le secteur privé

Il n’existe pas des statistiques officielles qui déterminent le nombre exacte de ces opérateurs dans ce domaine d’activité mais ce qui est sur est que cette activité s’est développée d’une façon spectaculaire depuis l’autorisation de l’Etat aux opérateurs privés d’investir le domaine de commerce extérieur, d’ailleurs les 35 unité de production d’aliment concernées par l’enquête sont approvisionnées en matières premières par ces importateurs privés    

III-3. Le potentiel de production avicole de la wilaya 

Selon la direction des services agricoles de la wilaya, en 2013, la production avicole dans la wilaya de Bejaia concerne essentiellement deux types de produits, la production de poulet de chair et de poules pondeuses. La production avicole se caractérise également par une prédominance de l’aviculture de chair. En effet, l’effectif mis en place est de 1 640 000 sujets pour le ponte contre  4 225 000 sujets pour le poulet de chair.

III-3. 1. La filière chair 

La production de poulet de chair se fait dans les quatre coins de la wilaya, mais cette activité n’est pas d’une concentration égale dans tout le territoire de la wilaya.

La totalité de la production est faite par le secteur privé et les capacités de production sont sous utilisées. On remarque également que les bâtiments d’élevage sont d’une capacité moyenne d’environ 3000 sujets par bâtiments, ce qui est confirmé par les résultats de l’enquête. La production de poulet de chair se fait dans les quatre coins de la wilaya, mais cette activité n’est pas d’une concentration égale dans tout le territoire de la wilaya. Les effectifs mis en place dans certaines communes comme SEDOUK, AKBOU CHELATA, ADKAR sont très important comparant à d’autres communes.

III-3. 2. La filière ponte 

Cette activité a connu un développement spectaculaire ces dernières années, elle concerne 1672  459 sujets mis en place  en 2013 avec une production globale de 344 417 000 œufs.  La plus part des aviculteurs ont investit ce domaine puisque d’après eux cette activité assure un revenu permanant et considérable et elle ne comporte pas beaucoup de risques.

La filière ponte en 2013 concerne 505 bâtiments d’élevage  et elle est l’œuvre de secteur privé uniquement, l’effectif mis en place produit 344 417 000 œufs. On remarque que les capacités de production sont sous utilisées avec une utilisation de 65.42 % des capacités totales d’élevage seulement et que l’effectif moyen mis en place et de l’ordre de 3311 sujets par bâtiment, alors que les résultats de l’enquête annoncent une moyennede 3800 sujets par bâtiment. 

III-3. 3. L’Age et le niveau d’instruction des aviculteurs

Le secteur de l’agriculture en général et le domaine de l’élevage avicole en particulier attirent de plus en plus de jeunes. En effet d’après l’enquête plusieurs jeunes ont investit le domaine a cause de :

-   le revenu permanant que génère cette activité ;

-  cette activité comporte moins de risques par rapport à élevage bovin et ovin ;

-  elle ne demande pas beaucoup de temps et d’efforts ; 

-  les mesures incitatives prises par l’Etat pour encourager les investissements.

L’enquête révèle que :

-   la plus part des aviculteurs soit un taux de 66.38% ont une moyenne d’Age entre 30 et 60 ans, les moins de 30 ans et les plus de 60 ne représente qu’un tiers des exploitants ;

- le niveau d’instruction des aviculteurs n’est pas très élevé, puisque il n’existe que 5% d’entre eux qui possèdent un niveau de bac et plus, 20.16% ont un niveau secondaire, 30.25% d’entre eux possédant  un niveau moyen, 35.3% ont un niveau d’étude primaire et 09.24% n’ont jamais fréquenté l’école ;

- la totalité des aviculteurs qui ont fait des études supérieures se trouve dans la tranche d’âge de moins de 30 ans et la totalité des aviculteurs qui n’ont pas mis les pieds à l’école se trouvent dans les deux tranches de 30 ans et plus.

L’enquête fait ressortir qu’aucun aviculteur concerné par l’échantillon  n’a fait un stage ou une formation dans son domaine d’activité et qu’un nombre de 96 parmi les 119 touchés par l’enquête soit un taux de 80.7 % soulignent qu’ils ont appris cette activité par eux même, par contre les 23 aviculteurs restant  ont admis que ce métier est transmis par leurs proches (parents et grands parents en particuliers).

III-3. 4. L’aviculture à temps partiel

L’agriculture à temps partiel est définie comme étant une activité pratiquée par un exploitant, cet exploitant qui ne consacre à l’assouplissement de cette profession qu’une fraction de temps dont il dispose et affecte l’autre fraction à l’exercice d’une autre activité. Cette activité peut être de nature très variée, industrielle, commerciale, artisanale, relevée de la fonction publique ou des professions libérales.  En effet, l’activité avicole n’échappe pas à ce constat puisque plusieurs aviculteurs affirment qu’ils exercent d’autres activités hors de la filière avicole. En effet : 

* plus de 18% des aviculteurs touchés par l’enquête,  possèdent une autre source de revenus, ces revenus qui sont procurés par des activités pratiquées hors de la filière avicole 

* la fonction libérale est l’activité qui est souvent pratiquée par ces aviculteurs, parmi les activités soulignées  l’artisanat et le commerce.

* Le secteur public est lui aussi considéré parmi ses sources de revenus, par contre on n’a pas rencontré parmi les aviculteurs questionnés  quelqu’un qui travail dans le secteur privé.

*1,6 % des aviculteurs continuent à exercer cette activité bien qu’ils sont en retraite.

* La plut part des aviculteurs, soit un taux de 81.52% n’exercent pas une autre activité en dehors de la filière avicole.

Par contre il est à souligner que la totalité des aviculteurs exercent au moins une autre fonction au sein de cette filière avicole, cette activité consiste soit à la production d’aliment soit à la commercialisation en gros ou en détail des produits avicoles soit au transport d’intrants ou des produits avicoles à la demande des autres aviculteurs.    

III-4. Les bâtiments d’élevage

La totalité des aviculteurs questionnés affirment que leurs exploitations sont des exploitations privées. Pour ces 119 aviculteurs on compte 123 poulaillers en fonctionnement soit une moyenne de 1,03 poulailler pour chaque aviculteur. Il est à signaler également que, les bâtiments d’élevage dans la wilaya sont de petite taille puisque, les effectifs qui sont mis en place varient entre 2400 et 10800 sujets pour la filière poule pondeuse, et une moyenne de 2073 sujets pour le poulet de chair. La capacité de production pour la poule pondeuse ne dépend pas seulement de la surface de bâtiment d’élevage mais elle dépend aussi des batteries (cages) existantes et la densité de l’effectif dans les cages. Dans ce sens, on a remarqué lors de notre visite sur les sites d’élevage qu’un bâtiment équipé d’une batterie récente de 4 étages peut contenir le double d’un bâtiment équipé d’une batterie ancienne modèle de deux étages,   la totalité des bâtiments quand à eux sont en bonne état est d’une construction récente. L’élevage de poulet de chair est exclusivement au sol sur copeaux de bois et l’élevage de la poule pondeuse est exclusivement en hors sol. Selon les personnes questionnées la densité d’élevage de poulet de chair varie selon les périodes, la densité des effectifs mis en place est beaucoup moins importante en période  d’été et certains évitent même de prendre le risque de travailler pendant les périodes de fortes chaleurs. 

III-5. Organisation socio économique du secteur avicole

Les exploitations avicoles ont des besoins importants en main-d’œuvre, l’analyse des données recueillies auprès des exploitations avicoles enquêtées affirment que la totalité de ces dernières sollicitent de la main-d’œuvre permanente ou occasionnelle pendant l’année. Un nombre considérable de poste d’emplois permanent est crée par ces exploitations avicoles, soit un taux de 88%, ce taux représente un effectif de 94 aviculteurs parmi les 119 touchés par l’enquête qui sollicitent de la main d’œuvre permanente, mais 88.3% de cette main d’œuvre travaille en noir. Il est intéressant également de signaler que,  la majorité de cette main d’œuvre soit un taux de 72.34% vient de l’extérieur de la wilaya, ce phénomène est expliqué par les chefs des exploitations que cette main d’œuvre  étrangère à la wilaya est moins exigeante en matière de salaire et de l’environnement de travail.

De plus, ces ouvriers assurent une autre tâche qui est le gardiennage  de l’exploitation la nuit du fait qu'ils sont hébergés au sein  même de l’exploitation.  

A coté de ces postes d’emplois permanents, tous les aviculteurs recourent également à une main d’œuvre occasionnelle et à la main d’œuvre familiale, notamment lors de la réforme des poules, de nettoyage des poulaillers, des périodes de vaticinations et de transfert des poulettes dans  des cages...

III-5. 1. Les exploitations avicoles et les organismes financiers

Le rôle joué par  les banques et les assurances aujourd’hui est de très grande importance, elles participent activement au développement des activités économiques. Mais ce qu’on a remarqué lors de cette enquête est que la filière soufre d’une participation mitigée de ces deux organismes financiers dans le fonctionnement des exploitations avicoles. En effet, il existe que 05 aviculteurs des 119 questionnées soit un taux de 04.2 % qui ont souscrit leurs exploitations à une assurance contre les risques. Les 114 aviculteurs restants affirment qu’ils ont investit dans cette activité grâce aux aides de leurs proches (familles et amis) ou grâce aux fonds personnels d’ont ils disposent.

III-5.2. Affiliation à une organisation professionnelle (OPA)

L’affiliation à une organisation professionnelle peut  avoir des effets positifs sur le développement de la filière avicole dans la mesure où les problèmes des aviculteurs serons exposés et traités dans des réunions qui se tiennent régulièrement, ces réunions peuvent être aussi l’occasion idéale pour échanger les dernières informations qui touchent d’une façon directe ou indirecte cette filière. Dans notre échantillon, la totalité des aviculteurs ne sont pas affiliés à ces organisations professionnelles, un constat qui joue en défaveur de développement de cette filière.

III-5. 3. La commercialisation des produits avicoles 

Ce point vise à identifier les déférents circuits de la commercialisation des produits avicoles (poulets et œufs de consommation) et leurs places dans le circuit commercial global des aviculteurs.

III-5. 3.1 - Pour les aviculteurs

L’enquête fait ressortir que les circuits de ventes  s’organisent comme suit :

-    Dans le cas de segment ponte :

- Vente directe aux consommateurs : cette méthode est pratiqué par 70 % des exploitations touchées par l’enquête mais elle représente un tau minime des vente globales de ces exploitation, soit moins de 5% de la totalité des ventes ; 

- Vente aux détaillants : l’enquête fait ressortir que 60 % pratiquent cette méthode de commercialisation qui représente selon eux moins de 20% de leurs de chiffre d’affaires 

- Vente aux grossistes : cette méthode est la plus répandue puisque la totalité des aviculteurs la pratiquent et elle procure plus de 80 % du chiffre d’affaires des aviculteurs. En effet, le grossiste assure l’écoulement de toute la production et d’une façon continue pendant toute l’année, ce qui arrange les affaires des aviculteurs, les grossistes prennent une marge de bénéfice qui varie de  5 DA* à 10 DA pour un plateau d’œufs (5 DA pour 30 œufs)  et cela quelque soit le prix de vente de ces œufs.

-  Dans le cas de segment poulet de chair :

Pour le segment de poulet de chair les éleveurs enquêtés affirment que la quasi-totalité de la production sera vendue pour des grossistes,  le prix  de vente sera déterminé par le marché.

III-5. 3.2 - Pour les unités de transformation.

Les prix de vente sont déterminés par les prix d’achat en tenant compte des déchets et les différentes charges et de divers amortissements des machines utilisées.

III-5. 3.3 - La consommation et les prix des produits avicoles

a- Les prix : les prix sont déterminés par la loi de l’offre et de la demande, mais généralement ils sont beaucoup plus élevés durant l’été. Ce constat est expliqué par la faiblesse de l’offre dans cette période notamment le poulet de chair et la demande sur les produits avicoles dans cette période est très élevée.  

b- Une consommation des produits avicoles variable selon les périodes

Comme le soulignent certains aviculteurs interrogés ; la demande est très forte sur la viande de  poulet durant les fêtes musulmanes (achoura, mouloud et l’aïd El Fitr), le mois de Ramadhan également est caractérisé  par une forte demande de la viande en général et la viande de poulet en particulier, les fêtes de fin d’années (premier moharrem, yenaair, Nouvel an) se caractérisent aussi par des pics de la demande de la viande de poulet.

III-6. Les difficultés de la filière

Elles sont de plusieurs ordres :

- La qualification professionnelle : les revenus générés par cette filière poussent beaucoup de personnes à investir dans le domaine sans aucune préparation : pas d’étude de marché, aucune maîtrise des conditions techniques d’élevage.     

- L’approvisionnement : les aviculteurs se plaignent des retards dans l’approvisionnement en poussins, ainsi que la variation des prix de ces derniers. Quant aux industries de transformation elles se plaignent de l’approvisionnement irrégulier en volaille.  

- La volatilité des prix : les prix des produits avicoles sont très volatiles, ce phénomène est du essentiellement à des irrégularités existantes aux niveaux de l’offre et de la demande en produits avicoles. En effet, nous avons constaté cette volatilité des prix lors de nos visites sur les sites de commercialisation. Quant aux  prix d’aliments, ils restent très élevés ce qui  justifie en grande partie la hausse des coûts de production.

- La concurrence déloyale : Il y a une forte proportion d'établissements qui travaillent illicitement et qui ne disposent pas d'un agrément sanitaire qui est délivré par la DSA.

- L’alimentation en énergie et en eaux : Un effectif de 37 exploitations sur les 119 touchées par l’enquête et qui représente 31 % des exploitations sont alimentées en énergie électrique par les exploitations ou les habitations voisines.

Le problème d’alimentation en eau est plus grave encore, il existe que 17 exploitation sur les 119 qui représente un taux de 14.28% de qui sont alimentées par l’eau de robinet et 86 % restant s’approvisionnent avec des citernes ou dans des sources voisines.

IV. Conclusion :

Le concept filière est un  concept sans définition universelle, il représente un domaine d'investigation pertinent pour  étudier la diversité des systèmes de production, il est  utilisé récemment dans le domaine d’agroalimentaire. La filière avicole, objet de cette présente étude, s’inscrit dans cette optique. Le recours dans  cette recherche à l’utilisation de ce concept  nous a paru approprié ;  car l’étude par filière nous donne une image claire de tous les éléments qui influencent le fonctionnement de cette filière avicole en prenant en considération le point de vue des différents  intervenants durant l’itinéraire suivi par  les produits concernés par l’étude à savoir le poulet de chair et l’œuf de consommation depuis l’élevage jusqu’à leurs arrivées au consommateur  final.

La  filière avicole en Algérie et  dans la wilaya de Bejaia en particulier, a réalisé d’énormes progrès,qui sont le résultat des politiques incitatives des pouvoirs publics dans les années 80. Cesderniers ont cédé le terrain pour les opérateurs privés depuis le début des années 90 avec lamise en place de la politique de l’économie de marché, cette dernière qui vise audésengagement de l’Etat dans la scène économique et de laisser de plus en plus de place pourl’initiative privé. Malgré les débuts mitigés de l’expérience, les opérateurs privés ont investidavantage le terrain et le processus de la remontée de cette filière semble avoir donné ses fruits et desrésultats encourageants, se traduisant notamment par la production locale des facteursbiologiques entièrement  importés auparavant, comme la poulette démarrée, œufs à couver, poussinschair et ponte. Néanmoins ;  plusieurs difficultés et insuffisances peuvent être soulignées. En effet, il ne demeure pas moins que la survie de cette filière dépend desapprovisionnements de l’extérieur en intrants alimentaires et de produits vétérinaires, la volatilité des prix de poussins ainsi que des aliments, les coûts de production très élevés, le manque de professionnalisme de la part des intervenants dans cette filière. Ainsi que ; l’existence d’une forte proportion d'établissements activant illicitement, échappant toujours au contrôle des autorités, quant aux prix des produits  avicoles (poulet et œufs de consommation), ils restent généralement hors de porté de consommateur Algérien moyen.

 -ANNEXES :

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-Notes et Références Bibliographiques:


*. Dinars Algériens


[1]-Braz Jussara, (2002) – «Panorama du marché international de la mangue. Cas de la filière d'exportation du Brésil» - CIHEAM- IAMM- Montpellier – n° 68- 2002 page N°10.

[2]- Dictionnaire d’économie et des faits économiques et sociologiques contemporains

[3] -Terpend, N.1997b. «Les contraintes des SADA des zones urbaines d'Afrique. Le point de vue des acteurs des SADA».Collection «Aliments dans les villes», FAO, Rome.

[4] -LABONNE. M « LE CONCEPT DE FILIERE  EN ECONOMIE AGRO-ALIMENTAIRE » p.142. 1987, consulté le 23/07/2012 Disponible sur :

http://horizon.documentation.ird.fr/exldoc/pleins_textes/pleins_textes_4/colloques/24865.pdf

[5]- Morvan Y. « Fondement d’économie industrielle », ECONOMICA, Paris. 1999, pages 248-249

[6]-Nouhine DIEYE, (2003) «Comportements des acteurs et performances de la filière lait périurbain de Kolda,Sénégal »p12 du thèse de master– CIHEAM – IAMM- Montpellier 2003.71pages . Disponible sur : http://ressources.iamm.fr/theses/61.pdf

[7]- Guillaume D et al.  «Une méthode d’analyse des filières ». Document de travail, LRVZ, N’Djamena, consulté : le 13/10/2012 Disponible sur : http://epe.cirad.fr/fr2/doc/dutkouslet2000.pdf.