Dix ans de recherche en Comptabilité, Contrôle et Audit au Maroc: unepdf approche bibliographique.

 

KhalifaAHSINA*UniversitéIbnTofail

FacultédessciencesjuridiquesÉconomiquesetsociales

\KenitraMaroc.

 

 

Résumé : Les disciplines deLa comptabilité, du contrôle et de l’Audit, forment un domaine de recherche assez récent bien que les origines des pratiques comptables remontent à des siècles, la recherche en gestion au Maroc quant à elle a débutée dans les années 90 du siècle dernier.

Toutefois le bilan de l’activité de recherche dans le domaine de gestion et plus spécialement de la comptabilité, le contrôle de gestion et l’Audit n’a jamais été réalisé d’où l’utilité de ce travail.

Ce travail est fondé sur le recensement exhaustif des thèses de troisième cycle (Diplôme des Etudes Supérieur, Doctorat National et Doctorat d’Etat) soutenues dans le domaine de la CCA dans les universités les plus productives au Maroc, au cours de la décade écoulée.

Ce travail s’articule autour de quatre principaux axes. En premier lieu, nous proposons dans un premier temps une revue succincte de la littérature puis la méthodologie sera présentée, dans un troisième point sera présentées les résultats et en dernier lieu nous conclurons sur les avenues de la recherche.

Mots clés : Comptabilité, Contrôle de gestion, Audit, Recherche bibliographique, facteur h.

Introduction

Les disciplines deLa comptabilité, du contrôle et de l’Audit, forment un domaine de recherche assez récent bien que les origines des pratiques remontent à des siècles.

La recherche en gestion au Maroc quant à elle a débutée dans les années 90 la fin du siècle dernier.

Toutefois le bilan de l’activité de recherche dans le domaine de gestion et plus spécialement de la comptabilité, le contrôle de gestion et l’Audit n’a jamais été réalisé d’où l’utilité de ce travail.

Ce travail est fondé sur le recensement exhaustif des thèses de troisième cycle (Diplôme des Etudes Supérieur, Doctorat National et Doctorat d’Etat) soutenues dans le domaine de la CCA dans les universités les plus productives au Maroc, au cours de la décade écoulée.

Il s’articule autour de quatre principaux axes. En premier lieu, nous proposons une revue succincte de la littérature puis la méthodologie sera présentée, dans un troisième point sera présentées les résultats des analyses statistiques et en dernier lieu nous conclurons sur les avenues de la recherche.

1.     Etat de la recherche au Maroc

Cet état de l’art est dans ce cas très important et ce pour deux raisons principales. Tout d’abord, parce qu’il est, à notre connaissance, le premier article qui présente des analyses descriptives sur ces travaux couvrant les institutions ayant intégré des études de troisième cycle en comptabilité contrôle audit  dans le contexte marocain Ensuite, parce qu’il tend à réfléchir sur le sujet à travers une analyse qualitative portant sur les principaux axes de recherche, les méthodologies utilisées et les Directeurs de recherche les plus productifs.

Mais avant de présenter les résultats de ces analyses, il est intéressant de situer la place du Maroc au niveau de la recherche scientifique en général, de délimiter le sujet de la recherche dans le domaine comptable et enfin de se poser la question sur l’existence d’une communauté de recherche dans ce domaine au Maroc.

1-1 La situation de Maroc au niveau de la  recherche scientifique :

Dans le monde académique, la recherche conduit à un processus de création de connaissances publiées dans des revues scientifiques (Gordon et al., 1991) ou des livres, ce qui assure un contrôle de la qualité par les pairs qui « certifient » la robustesse des démarches scientifiques et la qualité des résultats par un processus de relecture en aveugle des articles proposés.

Qu’en est-il du Maroc ? , dans sa thèse sur l’institutionnalisation de la recherche scientifique au Maghreb[1], Paule Laberge pouvait conclure qu’en 1980, ce que l’on nommait un chercheur, au Maroc, était très souvent un enseignant ou un fonctionnaire qui faisait peu ou pas de recherche.

De même, pour Abdelali KAAOUACHI[2], Dans le classement de Shanghai et celui de THES (Times Higher Education’s), aucune université marocaine n’est classée dans les tableaux statistiques de toutes les éditions passées, du fait que les critères adoptes ne sont pas remplis par les universités marocaines. De même le projet Webometrics, l’édition de Juin 2010 a donner des positions très médiocres de neuf établissements marocains qui figurent dans le Tableau 1.

Donc, selon ce classement le Maroc est mal parti au niveau de la recherche scientifique international, la première université Marocaine ; l’Université Cadi Ayyad de Marrakech est classé au rang 2365, et sur les huit universités classés parmi les 100 universités africaines, l’Ucam arrive en 24ème  position.

Toutefois on observe que sur les huit universités, la ville de Rabat accapare 50% des institutions cités, en effet la capitale garde toujours le monopole de la recherche vu que la plupart des universités étaient à leur création des annexes de l’Université Mohammed V Rabat.

1.2 La genèse des sciences de gestion et délimitation du champ de la recherche. [3]

Pour DE FOURNAS[4] L’histoire des sciences de gestion est, au regard des sciences exactes millénaires, très récente, La gestion est une discipline très jeune, qui n’a fait l’objet en France d’un enseignement académique dispensé par des enseignants spécialisés et d’une recherche que vers la fin des années 60 et au Maroc au début des années 90 du siècle dernier.

En France, les sciences de gestion, avant leur développement et leur autonomie, étaient une spécialité de l’économie et du droit. Les professeurs de gestion étaient des agrégés d’économie option entreprise.

La première difficulté pour cette revue de la littérature en CCA, tient à la délimitation du champ : il est particulièrement délicat de définir ce qu’est une thèse en CCA,  tant sont nombreuses les thèses se situant à l’articulation de plusieurs disciplines.  Pour Robert Reix  [5]il n’y a pas unité du champ disciplinaire : « En conséquence, le regroupement actuel des recherches dans un ensemble comptabilité-contrôle semble découler davantage des héritages de l’histoire que d’une unité ontologique véritable ».

1-3       La recherche en CCA au Maroc

Il faudrait aussi signaler qu’au Maroc, nous ne disposons d’aucune source d’informations donnant de façon fiable et exhaustive la liste des travaux de recherche soutenus dans les différentes institutions et universités.  

Concernant les programmes de recherche dans les disciplines économiques, N.El Aoufi N[6], nous fait remarquer que, les travaux réalisés procèdent davantage de tâtonnements individuels que d’un processus d’élaboration collective intégrant à la fois les enjeux de la globalisation et les avancées de la discipline au niveau international.

De même, R. M’RABET[7] Directeur de l’Institut Supérieure de Commerce et de Gestion, la première grande école de management au Maroc : « sollicités par une demande en consultation souvent plus rémunératrice, les enseignants ne consacrent pas toujours un temps suffisant aux activités de recherche. Dés lors, les activités de recherche et de publication, grandes mangeuses de temps, peuvent se voir ou non préférer parfois une activité de conseil, plus souvent une participation accrue à des activités …de formation continue »

Or, pour J. Jallais la réputation d’un IAE,[8]d’une Ecole, d’une Faculté, se bâtit plus sur la qualité de la recherche qui y prévaut, que sur ses enseignements, même si ces derniers restent essentiels. Il faut pour effectuer une recherche dans de bonnes conditions, disposer de bases de données, aussi bien bibliographiques, que relatives aux caractéristiques des entreprises ou des marchés étudiés.

Dresser alors un état des lieux de la recherche en CCA au Maroc n’est pas chose aisée. Les obstacles sont nombreux et seraient même décourageant, le recensement des thèses ne sont pas toujours disponibles. Les congrès, colloques et séminaires se déroulent sans que les communications ne soient éditées. De même qu’il n’a pas de communauté de recherche dans les disciplines de gestion, et que les chercheurs publiant au niveau international et les revues nationales existantes sont plutôt des revues généralistes, et ceci est due à ce qu’il n’a pas d’obligation pour les enseignants de publier dans des revues classées.

1-4       Expérience de l’AFC Section-Maroc et expériences à en tirer pour une structuration plus solide de la recherche  

Dns une vision poppérienne de la dynamique scientifique (POPPER, 1959)[9], la communauté académique s’accorde sur un certain nombre d’hypothèses à explorer, de sujets « chauds » qu’il est important de comprendre. La définition des questions de recherche considérées à un moment donné comme importantes par la communauté académique se construit de manière informelle, dans les conférences, les revues.

Ainsi, l’influence des chercheurs dépend à la fois de leur participation aux travaux scientifiques internationaux et de leur visibilité dans la communauté scientifique.

Pour Marc NIKITIN, [10] il serait dangereux de relâcher cette vigilance, tant la tentation de subordonner les énoncés scientifiques à des intérêts particuliers peut être forte. Entre le praticien, le consultant et le chercheur, il pourrait y avoir, en matière de méthodes de gestion, les mêmes rapports qu’entre le client, le fournisseur et l’association de consommateurs. Les sciences de gestion auraient d’une part un projet : rendre compte de la façon dont les choses se sont passées, et d’autre part une fonction : permettre de juger du sérieux des énoncés produits par les vendeurs de méthodes de gestion.

Ainsi, Gosselin[11], dans son article sur 10 ans de publication dans la revue CCA, les auteurs qui publient dans cette revue, la grande majorité 96.4%, sont français (83.1%) ou québécois (13.3%), Les autres auteurs proviennent de Suisse, des Etats-Unis, d’Allemagne, de Belgique et d’Afrique soit 3,4%.

Si l’American Accounting Association (AAA) a été créée en 1916[12] (sous le nom d’Association of University Instructors in Accounting), la première association marocaine de recherche dédiés aux sciences comptables a été crée en 2004 (Association Francophone de Comptabilité-Section Maroc) c’est à dire  88 ans plus tard !

Toutefois, selon BESSIRE et alii [13] la recherche francophone bat de l’aille, après que  la section marocaine  de l’AFC a disparu avec son fondateur et la création d’une section en Tunisie s’éloigne. Les collègues canadiens, belges et Suisse, quant à eux, ne considèrent la publication en français que comme un second best, la communauté des chercheurs marocains en CCA qui était constituée par une trentaine de membres s’est dissoute après le départ à la retraite de ses principaux fondateurs.

Les chercheurs marocains en gestion qui travaillent sur les thématiques de la comptabilité, le contrôle de gestion et l’Audit sont encore souvent isolés, peu sont rattachés à des équipes spécialisées. Il paraît important dès lors de rassembler ces chercheurs pour favoriser les échanges, capitaliser les savoirs et faire émerger les spécificités de cette recherche au niveau du Maroc et la rattacher à ce que ce fait au niveau international.

Toutefois, on remarque aujourd’hui, des tentatives de structuration de la recherche en CCA au niveau africain tel que le premier congrès en 2012, du COMREFAS en cote d’Ivoire (Consortium pour le Management de la Recherche Fondamentale et Appliquée en Afrique au Sud du Sahara)et l’engagement de la communauté francophone par le biais de l’Association Francophone de Comptabilité pour la réussite de ces programmes de recherche 

2. Méthodologie  de recherche mobilisée : Une recherche bibliographique

Au Maroc, on ne dispose guère, pour la discipline économique comme pour les autres disciplines scientifiques, d’indicateurs sur la qualité des publications en termes à la fois d’impact interne (sur les chercheurs) et externe (sur l’environnement économique) et de classement international[14]. Vu le manque de bases de données sur ce champ de recherche, on a opté pour une méthodologie qualitative.

Notre méthodologie se fonde sur une étude qualitative faite sur la base d’une recherche bibliographique des thèses soutenues et sur des entretiens avec des professeurs qui ont lancés les formations dans les disciplines de la Comptabilité, le Contrôle de gestion et l’Audit au Maroc.

La méthodologie retenue consiste à recenser les thèses comportant la thématique de  comptabilité contrôle de gestion ou Audit.Notre première source d’information était les bibliothèques universitaires notamment celles des institutions ayant un diplôme de 3ème cycle en gestion spécialité en Comptabilité, Contrôle de gestion ou Audit.

Mais nous avons constaté que ces bibliothèques ne disposent pas nécessairement d’une liste actualisée des thèses et des mémoires soutenus. Nous remercions alors vivement les professeurs et les chercheurs qui nous ont aidés à actualiser, à compléter et à fiabiliser notre base.

L’horizon retenu a été de dix ans, de 1999 à 2009 inclus, comment justifier cette période ?

Il faut mentionner qu’à cette époque plusieurs programmes en gestion ont été lancés avec le concours de la Fondation Nationale pour l'Enseignement de la Gestion des Entreprises (France).

Parmi ces programmes, figurent la formation des formateurs des écoles nationales de commerce et de gestion, les écoles doctorales de gestion, et enfin la section marocaine de l’association francophone de gestion sise à l’école doctorale de gestion de Rabat-Agdal, etc. 

Donc, cette base élaborée concerne les recherches qui s’inscrivent dans le cadre des travaux de recherche universitaires préparés pour l’obtention des diplômes des études supérieures (DES)  de doctorat ou de doctorat d’Etat dans les spécialités sus mentionnées. 

On a malheureusement exclus des thèses de DESA (diplôme des études supérieures approfondies), de Master et DESS (diplôme des études supérieures spécialisé) soutenus durant la même époque dans les différentes universités ou grandes écoles de commerce publiques ou privés a causse de manques de base de données informatisés.

Nous avons alors recensé 2 thèses de DES (diplôme des études supérieures), 22 Thèses de doctorat national et 7 thèses de doctorat d’Etat  soutenus sur une période de 11 ans, ces 31 thèses ne concernent que les thèses soutenues dans les disciplines de la comptabilité, le contrôle de gestion, l’audit.

 On remarque du tableau 2, que les thèses de DES et de Doctorat d’Etat ne représentent que 6% et 23% du total des thèses soutenus et cela est principalement à la réforme de 1997 et que ces deux thèses ont été remplacées par le nouveau diplôme de doctorat national.

On remarque aussi que l’université Mohammed 5 de Rabat-Agdal se positionne en tête avec 18 thèses soit 58%, vient en 2ème position l’Université Cadi Ayyad de Marrakech avec 6 thèses, puis l’Université Hassan 2 de Casablanca avec 4 thèses et en dernière position l’Université Mohammed 1 d’Oujda avec 3thèses.

 Après la description la méthodologie d’obtention des données, on passera dans le point suivant, à l’analyse descriptive des travaux de recherche.

3. Les résultats des analyses statistiques thèses de recherche

Cette recherche qualitative portera sur analyse statistique descriptive et uni-variée selon les axes suivants :

-          Institutionnelle,  

-          Par acteur ;

-          Et enfin par discipline.

3.1 Analyse institutionnelle.

L’analyse institutionnelle concernera quatre grandes universités marocaines, à savoir l’université Mohammed V Rabat-Agdal, l’université Cadi ayyad de marrakech, l’université Hassan 2 Casablanca et l’université Mohammed 1èr de Oujda.

3.1.1 L’Université Mohammed V Rabat-Agdal

Première université du Maroc moderne crée en 1957, l’Université Mohammed V a formé la grande majorité des hauts responsables de l’Etat marocain ainsi que plusieurs centaines d’enseignants chercheurs actuellement en poste dans différents établissements d’enseignement supérieur. 

Pour ce qui est de la répartition par Université, on constate une domination persistante de l’Université Mohammed 5 Rabat-Agdal (58% des thèses soutenues de 1999 à 2009, plus que les trois universités réunies). 

A- Analyse par acteur. 

O remarque que le professeur MR Sbihi le fondateur de l’AFC section Maroc, accapare le plus de thèses encadrées avec 6 thèses, c'est-à-dire 33% du total des produites de 1999 à 2009, et fait plus que double du challenger le professeur L Oulhaj.

B- Analyse par discipline.

Du l’observation de la figue 1, les thèses en comptabilité sont les plus dominantes avec 12 thèses sur les 10 années, suivi du contrôle de gestion, l’audit est mal étudié cela s’observe aussi dans d’autres pays comme la France.

3.1.2 L’Université Cadi Ayyad Marrakech

Créée en 1978, l’Ucam détient le deuxième rang en ce qui concerne la production de thèses en CCA au niveau national avec 8 thèses.

A- Analyse par acteur.

Concernant les directeurs de recherche les plus influents, on remarque le professeur A Ibenrissoul qui fait 50% de thèses encadrées, suivi par les autres professeurs avec chacun une thèse par décade ce qui dénote de la faible productivité.

B- Analyse par discipline.

Du l’observation de la figure 2, 6 thèses ont été  produites en 10 ans par l’Ucam, trois en comptabilité et trois autre an contrôle de gestion, par contre  l’audit est mal étudié.

3.1.3 L’Université Hassan 2 Casablanca

Créée en 1974, l’université Hassan 2 de Casablanca, détient le troisième rang en ce qui concerne la production de thèses en CCA au niveau national avec 4 thèses.

A- Analyse par acteur.

L’UH-2 avec trois chercheurs les plus productifs en CCA fait 4 thèses, El Mouatassim Z fait plus que le double des professeurs Rahj M et Aboueljaouad M.

B- Analyse par discipline. 

On constate que la production total des thèses ne dépasse pas les 4 thèses sur dix ans, une productivité de 0.4 , ainsi on remarque que la productivité par encadrant est très faible, mais toute fois il ne faut pas oublier qu’un encadrant encadre en économie et aussi en gestion.

Pour ce qui concerne la répartition par disciplines, on remarquera la prédominance du domaine du contrôle de gestion avec une part 50%, suivi de la comptabilité 25% et de l’audit 25%. 

3.1.3 L’Université Mohammed 1èr Oujda

Créée en 1979, l’université Mohammed 1èr d’Oujda, détient le dernier rang en ce qui concerne la production de thèses en CCA au niveau national avec 3 thèses.

A- Analyse par acteur.

L’université Mohammed 1èr d’Oujda avec deux chercheurs les plus productifs en CCA fait 3 thèses, Benabid   Mohamed et Amamou Belkassem. 

B-Analyse par discipline.

Pour ce qui concerne la répartition par disciplines, on remarquera la prédominance du domaine de la comptabilité avec une part 67%, suivi de contrôle de gestion pour 33% , l’audit quant à lui n’est pas bien étudié.

    4.     Discussion des résultats et avenues de la recherche

On discutera dans ce qui suit de la production des thèses de troisième cycle soutenus sur les dix années de 1999 à 2009, et aussi des disciplines de comptabilité, du contrôle et de l’Audit, en essayant d’expliquer les évolutions sur cette période.

Pour ce qui concerne la répartition par discipline (Tableau 8 en annexes), on remarquera la prédominance du domaine de la comptabilité et du contrôle de gestion avec une part de 97%, l’Audit est quant à lui mal étudié avec 1 seule thèse sur 10 ans. 

Le tableau 9 indique que le nombre annuel moyen de thèses en CCA  soutenues est de 3.1. La moyenne annuelle sur la période 1999-2002 est de 1.67, alors qu’elle est de 7.33 pour la période 2003-2006, et de 2 sur la période 2004-2009.

La vitesse de croisière à été atteint sur la période 2003-2006 avec la production de 22 thèses (Tableau 8), puis il y’a eu une chute de la production sur la période 2007-2009 avec à peine 4 thèses et ceci à causse du Départ Volontaire à la Retraite des principaux directeurs de recherche.

Comment expliquer ce niveau record de la production des thèses sur la période 2003-2006 ?

Il est à noter que cela est dû à notre avis à  plusieurs facteurs :

-          Premièrement, la période 1999-2002 à connue la création des Diplômes de troisième cycles en gestion, Oujda, Marrakech et Rabat avec des diplômes consacrés à la finances-Comptabilité (EDG Rabat-Agdal), en Audit-Contrôle de gestion (Université M1 Oujda) ou en Stratégie (UCAM Marrakech), ainsi cette première phase a été avec la production moyenne de 1.67 par an une période d’apprentissage et de maitrise du domaine de la recherche en CCA .

-          De même l’engagement de la Fondation nationale pour l’Enseignement de la Gestion des Entreprises (FNEGE) à coté des universités marocaines pour la mise en place des diplômes dédiés à la gestion, l’échange des enseignants et de étudiants, ainsi que l’élaboration des programmes ont permis aux enseignants marocains et aux doctorants de partir sur de bonnes bases, et a donné un grand élan à la production de thèses.

-          l’AFC (Association Française de Comptabilité) a aussi encouragée les chercheurs marocains à créer la section locale de l’AFC, qui s’est transformée en Association Francophone, et la participation de l’AFC dans l’organisation et l’animation de plusieurs journées de recherche à l’université de Rabat-Agdal.  

Ainsi, la recherche en CCA est influencé par :

-          la création de cycles de formation à la recherche et d’équipes homogènes dans un domaine donné,

-          la création de structures d’accompagnement de la recherche, telles que la fnege (Fondation Nationale pour l'Enseignement de la Gestion des Entreprises),

-          l’existence de communauté scientifique de recherche dans le domaine, telles que l’association francophone de comptabilité ou l’association internationale de management stratégique, et aussi l’organisation de conférences périodiques par ces associations,

-          l’existence de bases de données électronique de recherche et nationaux et internationaux,

-          Existence d’incitations morales et financières pour les chercheurs,

Une question se pose alors, quelle direction doit emprunter l’enseignant chercheur marocain dans le domaine de la CCA?

Il faut dire qu’actuellement avec l’obligation pour les jeunes enseignants de publier pour obtenir l’habilitation, nombre de chercheurs en CCA cherchent à publier d’ici et la, sans considération de leur spécialisation d’origine.

Donc, il y’a un besoin de créer une structure fédérative des enseignants-chercheurs marocains pour relancer la section marocaine de l’AFC, et de chercher les facteurs de  sa continuité et ainsi de pérenniser son travail.

Conclusion

Dans ce travail nous avons essayé de dresser un premier état de l’art des recherches en comptabilité, contrôle de gestion et audit.

On a dégagé les directeurs et les institutions les plus influents, par année et par discipline, et que les domaines de recherche principaux sont le contrôle de gestion et la comptabilité.

Les principales institutions sont l’université Mohammed 5 de Rabat, suivi de l’université caddy Ayad de Marrakech.

Les conclusions dégagés concernent aussi l’inexistence ou la non structuration des recherches en gestion dans le domaine de la CCA , l’expérience de l’AFC section Maroc a permis de lancer des chantiers inachevés, et le besoin de sa remise en action devient urgent.

D’autre part  l’inexistence de base de données des travaux de recherche dans le domaine de la gestion complique la tache du chercheur et l’oblige à utiliser une méthodologie telle qu’utilisé dans ce travail.

Annexes 

Tableau 1 : Rangs des universités marocaines au niveau Africain et mondial

Université ou Etablissement

Ville

Rang au niveau National

Rang en Afrique

Rang mondial

Université Cadi Ayyad

Marrakech

1

24

2365

Université Al Akhawayn

Ifrane

2

35

3288

Université Mohammed V Agdal

Rabat

3

48

4142

École Mohammadia d'Ingénieurs

Rabat

4

52

4301

Faculté des Sciences Rabat

Rabat

5

53

4324

Université Abdelmalek Essaâdi

Tanger

6

65

5178

Université Mohamed Premier

Oujda

7

73

5590

Université Mohammed V Souissi

Rabat

8

91

7037

Source :Classement Webometrics 2010.

 

Tableau 2 : Répartition des thèses par universités et type de diplôme

 Type de diplôme

Université M5 Rabat

 Université CAM Marrakech

Université M1 Oujda

Université H2 Casablanca

Total

%

DES

2

0

0

0

2

6%

Doctorat National

16

3

3

0

22

71%

Doctorat d'Etat

0

3

0

4

7

23%

Total

18

6

3

4

31

100%

Pourcentage

58%

19%

10%

13%

100%

 

Source : Réalisé par moi-même.

Tableau 3 : Répartition des thèses par universités

Université

Date de création

Nombre de Thèses

%

Mohhamed 5 Rabat

1957

18

58%

Cadi Ayyad  Marrakech

1979

6

19%

Hassan 2 Casablanca

1974

4

13%

Mohammed 1 Oujda

1979

3

10%

Total

 

31

100%

Source : Réalisé par moi-même.

 


Tableau 4 : Répartition des thèses par Directeurs de recherche Université M-5

Directeurs de Recherche

Nombre Thèses

%

SBIHI    Mohammed Rachid

6

33%

OULHAJ    Lahcen

3

17%

ZEKRI    Ahmed

3

17%

AMRANI     Mohammed Raja

2

11%

BOUSSETTA     Mohamed

2

11%

ELAOUFI     Noureddine

1

6%

LAKHDAR Ghazal Farid

1

6%

TOTAL

18

100%

Source : Réalisé par moi-même.

 

Tableau 5 : Répartition des thèses par Directeurs de recherche à l’Université Cadi Ayyad

Directeurs de Recherche

Nombre Thèses

%

Ibenrissoul   Abdelmajid

3

50%

Louitri  Abdenbi

1

17%

Bensalah Zemrani    Anas

1

17%

Marzak   Mohamed

1

17%

Total

6

100%

Source : Réalisé par moi-même.

 

Tableau 6 : Répartition des thèses par Directeurs de recherche à l’Université Hassan 2

Directeurs de Recherche

Nombre Thèses

%

EL MOUATASSIM  Zakia

2

50%

Rahj   Mohamed

1

25%

ABOUELJAOUAD  Mohammed

1

25%

TOTAL

4

100%

Source : Réalisé par moi-même.

 

Tableau 7 : Répartition des thèses par Directeurs de recherche à l’Université Mohammed 1

Directeurs de Recherche

Nombre Thèses

%

Benabid   Mohamed

2

67%

Amamou   Belkassem

1

33%

Total

3

100%

Source : Réalisé par moi-même.

 

Tableau 8 : Nombre de thèses produites par disciplines et par période

Disciplines

1999-2002

2003-2006

2007-2009

Total

CDG

3

11

2

16

Comptabilité

2

11

1

14

Audit

0

0

1

1

Total

5

22

4

31

Source : Réalisé par moi-même. 

Tableau 9 : Nombre de thèses produites CCA par période

Période

Nombre de Thèses

Moyenne

[1999-2002]

5

1.67

[2003-2006]

22

7.33

[2007-2009]

4

2.00

Total

31

3.1

Source : Réalisé par moi-même.

  

Fig.1 : Les disciplines les plus étudiées à L’Université Rabat-Agdal

Fig.2 : Les disciplines les plus étudiées à L’Université Cadi  Ayyad de Marrakech

 

 

Fig.3 : Les disciplines les plus étudiées à L’Université Hassan II

Fig.4 : Les disciplines les plus étudiées à L’Université Mohammed 1 Oujda

 

Références :

 

1- AYADI S D et KLIBI M F. (2006),  « Etat de l’art des recherches en sciences comptables en Tunisie » 27ème congrès de l’Association Francophone de Comptabilité-Tunsie

2- BESSIRE D, LEVANT Y, NIKITIN M. (2009), « L’émergence et la structuration d’une communauté scientifique : le cas de l’AFC depuis 30 ans » Revue CCA

3- BESSIRE D. (2009), « Etat des thèses en comptabilité contrôle audit », 30ème Congrès annuel de l’Association Francophone de Comptabilité, Strasbourg, mai

4- BESSIRE D. (2004), « Etat des thèses récemment soutenues en comptabilité contrôle et audit », Anales des 17èmes journées des IAE, Lyon.

5- CHANTIRI-C R. et COLASSE B. (2003), Comptabilité générale, Economica.

6- COLASSE B (2010), « Cinq questions à propos de la recherche comptable francophone » Intervention aux États-généraux de la recherche comptable organisée par l’Autorité des Normes Comptables (ANC) à la Maison de l’Amérique Latine le 16 décembre 2010

7- COLASSE B. (1995), « A quoi sert la recherche comptable ? », Revue Française de Comptabilité, n° 264, février.

8- DE FOURNAS P.(2007) « Quelle identité pour les grandes écoles de commerce françaises? » 12 septembre 2007. 3 vol., 421 pages. Thèse de Doctorat en Economie et Sciences sociales, spécialité Gestion, Ecole Polytechnique.

9- DUPUY Y (1994), « Une lecture des recherches actuelles en comptabilité », Anales du management, 12èmes journées nationales des IAE, Montpellier 1994, p.38.

10- DUPUY Y., MALO J.L. et TELLER R. (2000), « Recherches et pratiques en comptabilité, contrôle et audit », in Recherches et pratiques en gestion, Instituts d’Administration des Entreprises, XVèmes Journées Nationales, Bayonne-Biarritz 2000, Dalloz – Réseau des IAE, pp. 29-41.

11- El AOUFI N (2009) « Economie: un état des recherches » Association Marocaine de Sciences Economiques WP N° 2009-04

12- GENSSE P. et DUPUY Y. (2002), « Présentation des thèses récentes en Comptabilité Contrôle Audit »,XVIèmes Journées Nationales des IAE, Paris, 2002.

13- GOSSELIN M. (2005) « Un bilan de dix ans de publication dans Comptabilité, contrôle et audit » Revue Comptabilité, Contrôle, Audit Paris

14- GORDON ME, PURVIS JE. (1991) “Journal Publication Records as a Measure of research Performance in Industrial Relations”. Industrial and Labor Relation Review 45(1): 194-201

15- JALLAIS J. (2009), « Cinquante ans de recherche en gestion à l'IGR-IAE : d’une recherche utilitariste à l'impérieux besoin de la recherche fondamentale et libre » .Annuaire de la Recherche en Management 2007-2009.

16- KAAOUACHI A. (2008), « Les classements internationaux des universités : quels enjeux pour l’université marocaine? », Ecole Supérieure de Technologie Université Mohammed Premier, Oujda Prospectives Universitaires, n°1, pp. 159-173

17- LABERGE P. (1987) « Politiques scientifiques du Maghreb : l’implantation du système scientifique dans les sociétés maghrébines de 1830 à 1980 ». Phd, Université de Montréal, décembre. 1987.

 

18- MALO J.L. (1989), « Première approche d’un cadre méthodologique de recherche en comptabilité », Anales du congrès AFC, Reims 1989, p. 384.

19- M’RABET R. (2000), «Réflexions sur la recherche en gestion », Journée d’étude 23-02-2000 ISCAE, Management 2000 Paroles d’enseignants 

20- NIKITIN M. (2003), «  De la science des affaires aux sciences de gestion : un siècle de tâtonnements ? »  Revue : Gérer et comprendre, Décembre 2003, N° 74

21- PETIT P. (2007), « Recherche : un pacte à revoir et à compléter », L’Economie politique, janvier

22- Popper K. (1959), La logique de la découverte scientifique, Paris, Payot.

23- REIX R., (1995), « Quelques réflexions sur l’identité de la recherche en comptabilité contrôle », in Mélanges en l’honneur du Professeur Perrochon, pp.461-473.



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[1] LABERGE P. (1987) « Politiques scientifiques du Maghreb : l’implantation du système scientifique dans les sociétés maghrébines de 1830 à 1980 ». Phd, Université de Montréal, décembre. 1987.

[2] KAAOUACHI A. (2008), « Les classements internationaux des universités : quels enjeux pour l’université marocaine? », Ecole Supérieure de Technologie Université Mohammed Premier, Oujda Prospectives Universitaires, n°1, pp. 159-173

[3]

[4] DE FOURNAS P.(2007) « Quelle identité pour les grandes écoles de commerce françaises? » 12 septembre 2007. 3 vol., 421 pages. Thèse de Doctorat en Economie et Sciences sociales, spécialité Gestion, Ecole Polytechnique.

[5] Reix R., (1995), « Quelques réflexions sur l’identité de la recherche en comptabilité contrôle », in Mélanges en l’honneur du Professeur Perrochon, pp.461-473.

[6] El Aoufi N ; (2009) « Economie : un état des recherches », Association Marocaine de sciences Economiques, working paper N° 2009-04.

[7] M’RABET R. (2000), «Réflexions sur la recherche en gestion », Journée d’étude 23-02-2000 ISCAE, Management 2000 Paroles d’enseignants.  

[8] JALLAIS J. (2009), « Cinquante ans de recherche en gestion à l'IGR-IAE : d’une recherche utilitariste à l'impérieux besoin de la recherche fondamentale et libre » .Annuaire de la Recherche en Management 2007-2009.

[9] POPPER K. (1959), La logique de la découverte scientifique, Paris, Payot.

[10] NIKITIN M. (2003), «  De la science des affaires aux sciences de gestion : un siècle de tâtonnements ? »  Revue  Gérer et comprendre,  Décembre 2003,N° 74

[11] GOSSELIN M. (2005) « Un bilan de dix ans de publication dans Comptabilité, contrôle et audit » Revue Comptabilité, Contrôle, Audit Paris

[12] Colasse B « Cinq questions à propos de la recherche comptable francophone » Intervention aux États-généraux de la recherche comptable organisée par l’Autorité des Normes Comptables (ANC) à la Maison de l’Amérique Latine le 16 décembre 2010

[13] BESSIRE D, LEVANT Y, NIKITIN M  2009 « L’émergence et la structuration d’une communauté scientifique : le cas de l’AFC depuis 30 ans » Revue CCA

[14] Petit P. (2007), « Recherche : un pacte à revoir et à compléter », L’Economie politique, janvier