Saints, savants et personnalités : trois mots et trois symboles pdf

 pour l’histoire et la mémoire locales 

 Mustapha Guenaou

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale

et Culturelle- CRASC- Oran(Algérie)

   Cette  contribution   scientifique a pour objet Nedroma et sa région, dans la  wilaya de Tlemcen, ancienne  capitale  du Maghreb  central. Dans le cadre de tout argumentaire, l’approche s’associe à la démarche qui  vise, principalement, la  collecte  des travaux scientifiques pour un  simple enrichissement de la mémoire  locale, avec une  documentation , purement  scientifique qui , d’ailleurs, sera un support pour les  chercheurs.

La priorité est  donnée à la  collecte  des  biographies et des hagiographies locales. Celles- ci retrouvent  une mise avant du discours  biographique des  savants et des personnalités et du discours  hagiographique des saints  locaux. Effectivement, ces deux  discours sont, pour les   historiens, les  sociologues et  les anthropologues, la reconstitution du puzzle socio anthropologique de la  ville de Nedroma et sa  région.

 Les  biographies et les hagiographies deviennent , aux yeux des chercheurs, des représentations  au sein d’une   société  citadine qui , à travers ces récits de  vie, reflète  les  valeurs d’une médina  comme Nedroma , plusieurs  fois  centenaire.

 Le  choix de  ce thème répond à une question de  collecte  d’informations, d’ordre sociologique,  historique et anthropologique. Il rappelle, également, des justifications qui  nous  renvoient à la mission  de l’Association El Mouahidia de la ville de Nedroma et sa  région, alors dirigée  par équipe dirigeante locale  dynamique ([1] ).

 L’histoire et l’homme

 L’histoire n’a été pas  uniquement  un mot ! L’homme, en général, peut raconter une histoire ou narrer une  biographie pour enrichir la mémoire  collective locale. Celle-ci est la résultante de toutes les  biographies ou plutôt tous  les récits  de  vie que  peut connaître la localité, voire la région. L’histoire et la mémoire collective sont l’apanage de l’humanité. Le principe fondamental de l’histoire est de narrer les étapes de la  vie de l’être  humain  qui aurait  connu une partie de l’histoire de l’humanité puisqu’il en fait partie ; quant au principe de la mémoire, il  actualise les événements, déjà dépassés.

 Etant  un « processus proprement  humain », l’histoire demeure , pour les uns  comme pour les autres, une dynamique  du retour  vers le passé puisque celle-ci cherche  , toujours, à construire , à déconstruire et à reconstruire le déroulement  de l’événement  afin de lui donner sa forme définitive. Sachant  bien que l’histoire est  du passé bien  que la  narration soit  au présent. Elle n’est pas difficile  pour  lui porter un jugement mais il est plus  facile de la narrer et lui assurer une place dans la  société.

 L’histoire est un passé dont le rappel est immédiat, au moment de la  narration. Celle- ci s’associe à l’événement pour  lui redorer son blason, bien qu’il soit plus ou moins une simple image qui doit, impérativement, refléter une  vérité sociale pour  une  autre  culturelle et  historique. Nous  retrouvons l’histoire des peuples, des sociétés et surtout des  hommes qui la  font pour  une éventuelle  narration. L’homme devient important pour l’histoire et intéressant pour la  mémoire.

 Histoire des  hommes, chronologie des événements

 Nous parlons d’histoire pour les  hommes pour rappeler la  chronologie des événements auxquels on est impliqué, directement  ou indirectement.

 « La connaissance accumulée sur les peuples lointains peut  donc servir à étudier la sienne, elle permet d’ouvrir des perspectives  nouvelles que ne manquent pas d’exploiter les  nouveaux courants de l’anthropologie. Le champ de l’anthropologie classique se rétrécissant de plus en plus (civilisation oblige) la question : qui est l’autre ? Reste  toujours aussi pertinente à poser à sa propre société et d’abord à ceux qui, d’une manière ou d’une autre, étalent leur différence. La tache de l’anthropologie serait  donc de  faire le deuil de l’exotisme et de  cultiver le « sens des autres » au sens où l’entend M. Augé, c’est à  dire interroger les mécanismes sociaux qui produisent  dans chaque société (y compris les plus modernes) de l’identité et de l’altérité. » ([2] )

 Il est  bien demandé de parler des  hommes. Ce retour au parcours individuel devient  une narration  qui renvoie à un miroir, celui qui permet  à l’auteur d’une  biographie d’affronter toutes les péripéties de la vie de celui qui doit être raconté. Il s’agit d’un reflet de miroir  par partie interposée. Deux mondes sont en compétition : celui de la réalité biographique et celui de la réalité narrée. L’intérêt des  biographies est la distinction et la  comparaison du  vécu  et de l’écrit ( ou le raconté). Aucune prétention n’est  en vue ni pressentie, lors de la reconstitution  biographique d’un défunt.

 L’histoire peut, en tous les cas, nous aider à la reconstitution du cycle de  vie  ou du  vécu de celui qui  fait l’objet  de la  biographie ou du parcours biographique. Elle nous permet, également, de mieux  saisir  l’opportunité pour mieux  connaître la personne, qu’elle  soit un saint, un savant ou une personnalité. Cette tentative d’écriture ne serait qu’une forme du discours biographique qui  doit, nécessairement, nous imprégner des  valeurs reflétées par le sens de l’écriture et la dimension de la rédaction du parcours. Le vécu reste, parfois, lié à la  compétence de l’auteur de la  biographie, à partir des éléments  biographiques, pendant  la période de la collecte de l’information et surtout à  ne pas  oublier l’importance de la source d’information.

 Ahmed Benaoum parle de l’invention de l’ethnohistoire, comme nouvelle discipline des sciences  humaines et sociales.([3] ). Puis, il pose les questions suivantes :« L’anthropologie et l’histoire sont –elles donc inconciliables ?Et subséquemment, les sociétés de tradition écrite et celles de tradition orale sont –elles justiciables de deux disciplines absolument autonomes ? Pour  ce  chercheur en socio –anthropologie , la tradition, orale ou scripturale, laisse toujours des  traces.

 L’histoire et la  chronologie se  voient, à  notre sens, très  complémentaires pour parler des personnes, des saints, des  savants ou des personnalités. Cette  complémentarité  dont il est question se  situe au  niveau de la  mémoire, quelle soit individuelle  ou collective. Toujours, la mémoire est au service du parcours individuel.

 L’histoire des hommes, une  fabrication immatérielle de l’être  humain

 Dans la  culture de la rédaction des biographies et des hagiographies, l’historien a un droit de regard sur le passé de l’être, ayant  fait l’objet du  récit qui mérite  tant de considérations pour sa vulgarisation. Le sens de l’histoire est  une  fabrication que l’homme doit en tenir  compte pour pouvoir rappeler un parcours. Il s’agit d’une objectivité dans la rédaction du texte et non une obligation d’une objectivation participante, proposée et soutenue par Pierre Bourdieu.

 Si l’historien a sa place  dans la société, à laquelle appartient ou n’appartient pas  son objet, il est dans une position qui  lui inculque la possibilité de rédiger objectivement son texte  biographique ou  hagiographique. Cette idée nous renvoie à ce que  pense Françoise Dosse, parlant de Paul Ricoeur :

 « La place de l'historien est  tout  à la fois en position d'extériorité par rapport  à son objet, en fonction de la distance temporelle qui l'en éloigne, et en situation d'intériorité par l'implication de son intentionnalité de connaissance. » ([4] )

 Alors, Françoise Dosse écrit : « Paul Ricoeur a montré, à l'occasion d'une communication aux  Journées pédagogiques de coordination entre l'enseignement de la philosophie et celui de l'histoire, datant de 1952, que l'histoire relève d'une épistémologie mixte, d'un entrelacement d'objectivité et de subjectivité, d'explication et de compréhension. Dialectique  du même et de l'autre éloigné dans le temps, confrontation entre le langage contemporain et une situation révolue « le langage historique est nécessairement équivoque. » ([5] )  

 Considérant la nécessaire prise en compte de l'événementiel, du contingent ainsi que du structural, des permanences, Paul Ricoeur définit la fonction de l'historien, la justification de son entreprise comme étant celle de l'exploration de ce qui relève de l'humanité :  « Ce rappel sonne quelquefois comme un réveil quand l'historien est tenté de renier son intention fondamentale et de céder à la fascination d'une fausse objectivité : celle d'une histoire où il n'y aurait plus que des structures, des forces, des institutions et non plus des hommes et des valeurs humaines.» ([6] )

 Dans l’opération de la rédaction, « Michel de Certeau a aussi situé l’opération historiographique dans cet entre-deux qui se situe entre le langage d’hier et celui, contemporain, de l’historien. » ([7] )

 Dans cette même  optique, l’auteur de la  biographie ou de l’hagiographie  utilise les informations pour mieux les  présenter au public, voulant connaître ce savant, cette personnalité ou  ce saint. D’ailleurs, la lecture d’un récit n’est que la découverte d’une autre personne, morte ou  vivante, sous la plume  d’un auteur qui l’aurait connu ou  ayant collecté des informations sur elle  mais  traitées à sa manière avec un style d’écriture, propre à lui.

 « Michel de Certeau saisit ici la découverte de l’autre, de l’altérité comme constitutive du genre historique et donc de l’identité de l’historien, de son métier. Il insiste donc sur cette distance temporelle qui est source de projection, d’implication de la subjectivité historienne. Elle invite à ne pas se contenter de restituer le passé tel qu’il fût, mais à le reconstruire, à le reconfigurer à sa manière dans une dialogique articulée à partir de l’écart irrémédiable entre le présent et le passé.» ([8] )

 L’histoire et la mémoire

 Par définition, l’histoire est une science qui rappelle les fait d’une manière ou plutôt présentée sous  forme d’une suite événementielle ; quand à la mémoire n’est que ce qui reste gravé sous  forme de  souvenirs.  Dans le premier  cas, les faits sont décrits   dans le temps et  dans l’espace et pour la mémoire, ces faits demeurent liés à la description des détails inoubliés, donc ceux qui restent en mémoire.

 Il est à noter que l’histoire est liée à l’homme qui l’a fait et que la mémoire est étroitement liée aux souvenirs de l’homme qui les retient. Alors, ces deux hommes (  l’historien et  l’homme-capital mémoire)  peuvent être la même  personne mais chacun pense autrement.

 « Les récentes études d’histoire sociale de la mémoire montrent à quel point l’opposition canonique entre histoire et mémoire n’est pas pertinente. Le rapprochement même de ces deux notions rappelle la dimension humaine de la discipline historique. Cette mise en question de la séparation radicale, pratiquée par Maurice Halbwachs, et du recouvrement des deux domaines, pratiquée par l’Etat national, a pour effet un déplacement du regard historique, initié par Georges Duby dans son étude de la fameuse bataille de Bouvines. » ([9] )

 Par le souvenir, Il faut entendre  toute  forme d’impression que la mémoire peut  en conserver en temps et en espace. La  faculté de la mémoire est le principe de  faire revivre l’événement dans  un  espace  et  un temps  présents. Dans tous les  cas, le souvenir a pour but principal et essentiel le rappel d’un fait ou/et  un événement qui se rapprochent de l’homme qui , d’ailleurs, peut écrire sa  biographie ou celle d’un autre,  son contemporain ou  son aîné. Donc, tout écriture est étroitement liée une commémoration d’un fait, d’un événement ou d’une personne décédée.

 « Le souvenir si lointain de Bouvines n’a pu être conservé qu’à partir du moment où il a été entretenu, encadré dans la conscience collective. Les métamorphoses de cette mémoire deviennent donc objet d’histoire au même titre que l’effectivité de l’événement dans ses étroites limites temporelles. L’étude des jeux de la mémoire et de l’oubli des traces dévoile comment « la perception du fait vécu se propage en ondes successives » ([10] ).

 Ce qui est  occulté de la mémoire n’est que l’oubli. Sachant  bien que la mémoire humaine  a une  capacité limitée qui peut, par surcharge, occulter certains faits  historiques ou événements du passé. D’ailleurs, elle peut retenir des choses et des faits  qui remontent à des époques lointaines ( un passé révolu) : il s’agit de la mémoire  à long terme ou la mémoire  très ancienne . D’autres sont oubliés  mais certains restent encore en mémoire : c’est la mémoire à moyen terme ou la mémoire ancienne. Et, la dernière n’est que tout ce qui vient d’être oublié  mais il ne reste que très peu , alors que les faits et les événements  ne datent  d’une époque très récente.  Dans ce  cas , nous parlons de mémoire à court terme. Elle est la mémoire récente.

 Ces   mémoires restent basées sur le temps et l’espace mais principalement sur la durée du déroulement du fait  historique ou de l’événement par rapport aux souvenirs.  Tous les souvenirs dépendent de la mémoire individuelle qui , parfois, devient la mémoire locale ou la mémoire collective.

 « Quant au dire lui-même du patient, ses récits tissés de récits qui le précèdent sont donc ancrés dans une mémoire collective. Le patient exprime une intériorisation de la mémoire collective qui croise sa mémoire personnelle, débordée par le souci de la communication, de la transmission intergénérationnelle,… » ([11] )

 Dans la  vie sociale et culturelle, la mémoire joue, pleinement, son rôle dans  la  récupération, de la description ou de la datation du fait ou de l’événement auquel se rattache l’être  humain, objet d’une biographie ou une  hagiographie.

 Tout rappel de souvenir ou fait mémorisé n’est effectivement récupéré que sur le rite  moral, étroitement lié  à l’intention, comme le  veut la tradition arabo musulmane et les principes de la pratique de la culture musulmane.

 « L'intentionnalité se révèle dans le langage de l'action, soit là où se dit l'action dans les récits, les descriptions, les explications, les justifications. Ces notions de motivations, de raisons d'agir, d'objectifs, nécessitent donc un détour par la textualité, propre à l'approche herméneutique. Il convient d'éviter deux écueils quant aux relations entre le langage de l'action et l'action elle-même. D'une part on a tendance à attribuer un statut de représentation au langage de l'action, postulant ainsi à une indépendance des processus réels par rapport à leur mise en discours. » ([12] )

 La mémoire se définit par   faire revivre un  fait ou un événement se rapportant à une personne à laquelle  nous désirons réaliser une  biographie ou une hagiographie. Parler du passé de quelqu’un c’est raconter son passé au présent, avec un décalage  dans le temps pour pouvoir mettre en avant un parcours.

 Toute biographie (pour les  savants et personnalités) ou  hagiographie ( pour les  saints) est  un discours qui décrit certains  faits  historiques et proscrits d’autres par méconnaissance , par oubli ou par occultation.

 « Tant  dans le passé  que dans le présent, les pratiques sont  donc  toujours, selon Certeau, considérées comme irréductibles aux discours qui les décrivent ou les proscrivent. Toute la recherche de Certeau est habitée par cette tension entre la nécessité de penser la pratique et l’impossible écriture de celle-ci dans la mesure où l’écriture se situe du côté de la stratégie. C’est ce passage difficile, ce déplacement que tente l’opération historiographique dans son ambition à retrouver la multiplicité des pratiques en leur donnant une existence narrative. » (Paul Ricoeur, Michel de Certeau et l’Histoire : entre le dire et le faire) ([13] )

 Le récit, le  gardien du temps  et de l’espace

 Tout récit  ([14] ) est  considéré comme un discours qui retrace, principalement, un parcours. Un récit de  vie est une  forme  de biographie d’un savant ou d’une  personnalité ou d’hagiographie d’un saint.

 Cette technique de récit de vie permet à l’auteur de restituer une partie de  l’histoire événementielle et une part de la mémoire individuelle et  collective. Il serait un témoignage en différé pour la  société disparue,  la société  encore en vie et la société de l’avenir.

 Parfois, le métier de collecteur d’informations touche un autre champ, lié principalement au récit du vécu. Tout simplement, le récit de  vie  se rapproche plus de la  vie de l’individu  que de son vécu mais le récit du vécu est une précision du vécu dans le temps et  dans l’espace.

 Le récit de  vie et le récit du vécu peuvent se rapprocher mais  la nuance existe et elle est essentielle. La  nuance  réside  dans la différence qui peut exister entre la vie de l’individu et le  vécu personnel puisque le second fait partie de la première dans le sens où le récit de  vie rapporte des informations  événementielles et le récit du  vécu se base , essentiellement , sur  la mémoire. Cette mémoire prendra la forme d’un témoignage.

 Les deux récits  nous renvoient à la procédure du texte et  sa   forme de narration que l’historien, le  biographe ou l’hagiographe s’approprie pour une meilleure vulgarisation du parcours sont il est l’auteur.

 « L'attention aux procédures textuelles, narratives, syntaxiques par lesquelles l'histoire énonce son régime de vérité conduit à se réapproprier les acquis des travaux de toute la filiation narratologiste particulièrement développée dans le monde anglo-saxon et connue en France grâce à Paul Ricoeur. Le développement des thèses narrativistes s'est en effet nourri du linguistic turn, de la critique du modèle nomologique et de la prise en compte du récit comme gisement de savoir, comme déploiement de ressources d'intelligibilité. Les narrativistes ont ainsi permis de montrer la manière dont le mode  de récit a valeur explicative, ne serait-ce que par l'utilisation constante de la conjonction de subordination : "parce que" qui recouvre et confond deux fonctions distinctes, la consécution et la conséquence. Les liens chronologiques et les liens logiques sont ainsi affirmés sans être problématisés » ([15] )

 Qu’il soit un récit de  vie ou un récit du vécu, le récit en général est une forme de récupération de l’histoire et de la mémoire dans un sens très précis à savoir l’histoire et la mémoire d’un espace où aurait vécu le savant, la personnalité ou le  saint.

 A cet effet, ce récit devient, par sa  fonction principale, le gardien du temps  de la  vie de l’individu et le gardien de la mémoire du lieu où il a vécu.

 Le  wali , un symbole de sainteté

 Dans la tradition  locale  de la  médina de Nedroma , la  notion de sainteté est associée à l’usage du vocable distinctif de « wali ». Chaque « wali est  connu ou réputé pour ses « karamats »  ([16] ) que l’oralité  ne cesse de les rapporter à tout moment  de la discussion ou d’un discours purement  hagiographique. Cette notion a pour  origine le mouvement  religieux qu’avaient connu la ville et la population locale, à travers les âges qui insistent sur l’importance des mots et de leur usage, auprès des hommes comme chez les femmes, les plus importantes protectrices de la mémoire locale en faveur des saints  locaux.

 Ce mouvement  religieux  se présente  comme un support,  «  portant l’emprunte des  wali (saints) qui se sont consacrés à supplanter le type de lien  social centré sur l’identification à la tribu  en lui imposant le principe islamique de l’intégration de tous  dans la  communauté musulmane. » ([17] )

 Sachant  bien l’importance de la culture populaire qui favorise les  légendes et les discours  hagiographiques. D’ailleurs,  «  l’institutionnalisation des  wali et le statut élevé attribué à leurs descendants s’accompagne de la  généralisation de  cette  forme littéraire qu’est la légende hagiographique. Celle-ci occupe, dans le domaine de l’imaginaire collectif, la même place que les lignages religieux  dans la hiérarchie sociale. »   ([18] )

 «  Ces récits perdurent, mais plus sous leur ancienne forme structurée. On ne trouve  plus que des données éparses, des  bribes. » ([19] )

 Dans la  culture  hagiographique,  les récits oraux relatifs aux saints  transcrits sont connus sous l’appellation de « manaqib » ([20] ).   Les « manqib » sont les éléments constitutifs de la mémoire  du  groupe dit religieux. Dans cette perspective, les  adeptes parlent du « sirr » ( le  secret de l’ordre) , de « silsila rouhiya » ( chaine initiatique) et la « shadjara » ( l’arbre généalogique).

 « Il y a là , à la  fois la trace d’une tradition du secret (sirr) découlant de la nécessité de ne pas divulguer certaines données du passé qui sont soustraites au regard de toute personne extérieure au milieu. » ([21] )

 Dans la  vie des saints, les hagiographes parlent de « khalwa » (lieu de retraite)  pour la méditation et la récitation du dikr (des évocations de Dieu ,  sous la forme rituelle et litanique), des « maddih » ( des poèmes panégyriques en l’honneur  du Prophète Mohammed –QSSSL-) et de « maqsûra » (lieu de repos) pour le  cheikh ou le préposé  local , appelé « mqaddem » de la tariqa soufie.

 La transmission du savoir mystique se fait, à des moments précis de la soirée ou de la  nuit, dans la zaouia (siège de l’ordre religieux ou confrérie religieuse dont le nom est associé au fondateur de l’ordre).

 Nombreux  sont les sheikhs de zaouïas considérés et élevés au grade  des walis, des saints de l’ordre religieux. A leur mort, un mausolée est construit à leur  honneur. On dit que  ces saints sont détenteurs de secrets divins, appelés « sirr rabbani ». D’autres sont appelés « awliya –e essalihine ». Les titres sont attribués  en fonction de leur  grade  au  niveau de la  hiérarchie des soufis. Parfois, nous entendons «  mûl essirr » ou « mûl el borhane » pour parler de ces saints locaux.

 Le savant, un symbole  du  savoir et de la  connaissance

 Le savant est  tout d’abord un être  humain qui aurait  conjugué ses efforts pour pouvoir atteindre  son objectif :  avoir un titre pour son savoir.

 Au savant  sont associés quelques critères  de distinction et de définition :

 -     L’instruction pour pouvoir lire et écrire ;

 -     La culture pour pouvoir non seulement communiquer mais transmettre son savoir , un acquis ou un legs culturel ;

 -     L’érudition, une qualité lui permettant d’être connu ou cité  dans  des discussions formelles ou informelles ;

 -      L’omniscience par laquelle il se distingue parmi ses pairs et ses contemporains dans les différentes disciplines ;

 -     La compétence qui lui sert d’échelle d’évaluation de son savoir, ses  connaissances et sa  culture dans la discipline où il excelle ;

 -     La maitrise, l’élément essentiel ou capital qui l’aide à une émergence parmi ses pairs.

 Dans cette perspective de  définition, il est  nécessaire de faire la différence entre un docteur, un savant, un chercheur  et un spécialiste. Tous les  critères énumérés plus  haut sont une forme d’évaluation de la  capacité intellectuelle du savant.

 A  cet effet, il se présente comme individu , devenu remarquable par sa  culture , sa  compétence, son érudition , sa maîtrise du domaine de sa compétence, etc.

 Le rôle social, culturel et intellectuel que peut  jouer un savant  dans la société à laquelle il appartient est très important puisqu’il est , généralement, influencé par son aspiration d’être au service de l’autre, le demandeur du savoir et des connaissances. Ses prises de positions rendent  service à la société, celle qui cherche ceux qui donnent dans le sens de fournir des informations, liées à la production de la  culture et à la transmission du savoir et des connaissances.

 Le savant  est connu pour sa crédibilité parmi ses pairs. Le savant est   sollicité pour  pouvoir apporter un certain  nombre d’informations à la demande de sa  société. Son apport est un éclaircissement pour tout ce qui est  incompris. 

 La personnalité, le  symbole de sa place dans la société.

 Du point de  vue psychologique, la personne est étroitement liée à sa personnalité. A  cet effet, « La personnalitéest définie comme le résultat, chez un sujet donné, de l’intégration dynamique de composantes cognitives, pulsionnelles et émotionnelles. L’agencement de ces différents facteurs constitue les traits de personnalité, à savoir les modalités relationnelles de la personne, sa façon de percevoir le monde et de se penser dans son environnement.

 L'unité fonctionnelle intégrative que constitue la personnalité présente deux autres caractéristiques : elle est à la fois stable (la personnalité contribue à la permanence de l'individu) et unique (elle rend le sujet reconnaissable, distinct de tous les autres) »  ([22] )

 Il s’agit d’ une personne de référence !

 La personnalité locale est associée à l’idée de personnalité. Chacun des personnes de référence a un parcours qui peut, sans  nul doute, mettre en avant ses qualités, ses capacités sociales, culturelles et intellectuelles, ses compétences et ses valeurs morales, sociales et culturelles. La personnalité locale doit servir, principalement, sa  société  tout en prônant l’intérêt général au détriment de l’intérêt personnel.

 A travers ses référents, elle se présente comme  une personne  de  marque  qui  a droit  au respect et à la  considération. D’ailleurs, il est titulaire d’un titre, communément appelé homme public. La communication joue, pleinement, son rôle pour garder son image dans le sens d’une représentation sociale et autres.

 Toute personnalité  est  connue pour son tempérament, sa  culture , son caractère et ses relations avec la  société à laquelle il  appartient.

 Conclusion

 La production de la mémoire, quelle soit biographique  ou  hagiographique,  doit refléter l’image d’une  société, des ses  valeurs et ses  dimensions. Elle s’effectue   dans le milieu social  local, marqué par  la présence des individus qui continuent à rappeler les « karamats » des saints et les  valeurs des savants et des personnalités  de la médina  que  nous étudions.

 Cette  continuité s’inscrit  dans le  cadre de la mise  en valeur de la mémoire  collective de Maurice Halbwachs pour un  meilleur développement de cet esprit dans une perspective favorable à la  compétence du sacré  culturel, assimilé au sacré  cultuel.

 Une chose  nous interpelle : l’inexistence  des groupes sociaux qui se prétendent être des shûrafa (autre graphie shorfa) ou des m-rabtine. D’ailleurs,  dans d’autres localités  dans la  wilaya de Tlemcen, autre que la médina de Nedroma, l’existence de cette  notion constitue, principalement, une mémoire particulière pour les uns  et exceptionnelle pour les autres. A cet effet, la production de la mémoire  médinale est présente, surtout marquée par l’esprit de la sauvegarde et de la vulgarisation de riche passé de toute la région.

 A Nédroma, à titre d’exemple, la mémoire du  groupe  religieux se valorise au niveau des adeptes de toutes les confréries religieuses représentatives,  et surtout celles qui activent dans leur zaouia respective. Le phénomène maraboutique existe mais  sous la  forme, plus ou moins ostentatoire .D’ailleurs, la présence du mouvement  réformiste de l’Association des Oulama Musulmans d’Algérie  dans cette médina, dont la majorité de sa population est d’origine  andalouse, n’a pas laissé de séquelles historiques. Le combat existait et la  vie communautaire continue encore.

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 BENBLAL (Rachid)

 Histoire des Idrissides. Oran, Dar El Gharb,2004,248 p

 BEN KHEDDA  (Benyoussef)

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 BENOIST (Luc)

 Signes, Symboles et mythes .Paris, PUF,2007,127 p(Que Sais-Je ?) (9ième édition)

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 BOUAMRANE  (Chikh, Dr)

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 1-Un parcours rude, et bien rempli. Mémoires d’un enseignant de la vielle génération (Tome I)

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 2- Un parcours rude, et bien rempli. Mémoires d’un enseignant de la vielle génération

 Préface de Djilali Sari . Oran, 2001, 280p (à compte d’auteur)

 DJEGHLOUL  (Abdelkader)

 1-Huit études sur l’Algérie .Alger, ENAL, 1986,205 p

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 GRAND-GUILLAUME (Gilbert)

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 In collectif :Messali Hadj 1898.Parcours et témoignages .Alger, Casbah Editions,1998,pp 203-214

 3- Chronologie du mouvement berbère. Un combat et des hommes .Alger, Casbah Editions,1999,223 p.

 HADJ –SADOK (Mahammed)

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 KADDACHE  (Mahfoud)

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 2-L’Etoile Nord-Africaine 1926-1937. Documents et témoignages pour servir à l’étude du Nationalisme Algérien .Alger, OPU, 1984,115p et 130 p (en collaboration avec Mohammed Guenanèche)

 3-Le Parti du Peuple Algérien 1937-1939. Documents et témoignages pour servir à l’étude du Nationalisme Algérien .Alger, OPU, 1985,XIV p et 271 p(en collaboration avec Mohammed Guenanèche)

 4- L’Algérie des Algériens. Histoire de l’Algérie 1830-1954 .Alger, éditions Rocher Noir,1998,248 p

 5- L’Algérie durant la période ottomane .Alger, OPU,2002,239 p

 SARI  (Djilali)

 1-A la recherche de notre histoire .Alger, Casbah Editions, 2003,206 p

 2-L’émergence de l’intelligentsia algérienne (1850-1950)

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 لمصادر و المراجع

 باللغة  الوطنية

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الكــــتب         

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عبد  القادر خليفي، من الموروث الثقافي الجمعي المغاربي منطقة  عين الصفراء نموذجا، وهران، دار  الاديب،2006،101 ص

قائــمة  المقالات:                      

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.3- "جمعية العلماء: الاسسو المباديء، و جبهات النضال"، الجزائر ( المجلس الإسلامي  الأعلى ) الدراسات الإسلامية، عدد 6،2004، ص. ص. 33-50.

محمد زعراط، "إنسانية الإسلام"، الجزائر ، محلة المجلس الإسلامي  الأعلى،  عدد 1،1998، ص. ص.135-140.

محمد سعيدي ،1- "مقدمة اللغز الشعبي"، جامعة تلمسان، الثقافة الشعبية، عدد 1،1994، ص. ص. 12-27

 2- "ظاهرة الاعتقاد في إصابة العين بين المقدس و الدنيوي"، جامعة تلمسان، الثقافة الشعبية، عدد 4،1996، ص. ص.55-74 .

 3-"الدار – المرأة-، رمزية الفضاء بين المقدس و الدنيوي في  الثقافة الشفوية"،  وهران،  إنسانيات، المجلة الجزائرية في الانثروبولوجية و العلوم الاجتماعية ، مركز البحث في  الانثروبولوجية الاجتماعية   و الثقافية ، عدد 2،1997، ص. ص.6-14

 4-" العائلة،عاداتها و تقاليدها بين الماضي   و الحاضر  الظاهرة الاحتفالية بالأعياد نموذجا"،  وهران،  إنسانيات، المجلة الجزائرية في الانثروبولوجية و العلوم الاجتماعية، مركز البحث في  الانثروبولوجية الاجتماعية        و الثقافية ، عدد 4،1998، ص. ص.41-49

 5-الأدب الشعبي بين النظرية و التطبيق، الجزائر، د.م.ج.،1998،127ص

 مصطفى مرضي،1- "المجتمع  الريفي: من الاستقلالية إلى التبعية. معالم و دلالات" ، وهران،  إنسانيات، المجلة الجزائرية في الانثروبولوجية و العلوم الاجتماعية، مركز البحث في  الانثروبولوجية الاجتماعية و الثقافية ، عدد 7،1999، ص. ص.11-24

 2-، "الرابطة الاجتماعية في الجزائر مسارات و أزمات و ضرورة تحديثها"، منشورات كلية العلوم  الإنسانية و الاجتماعية، الجزائر،2007-2008 ( فعاليات  الملتقى الوطني نوفمبر 2006) ص. ص.89-95.

 لخضر وحياني، كرامات الأولياء،  رسالة ماجستير ،جامعة  أبو يكر  بلقايد تلمسان ، السنة الجامعية2002-  2001 ،159 ص.

 مصطفى أشاطر، الأسطورة في التراث الشعبي الجزائري،،  أطرحة دكتورة ،جامعة  أبو بكر  بلقايد تلمسان ، السنة الجامعية2003-  2002 ،332 ص.

 WEBOGRAPHIE

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 url :http// :www.elec.enc.sorbonne.fr › ELECConférences

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 4-       Id ..« Historiser les tracesmémorielles, Conférence prononcée à Tallin en novembre 2005.

 url :www.ihtp.cnrs.fr/.../sites/.../Dosse_Historiser_les_traces_memorielles.pdf

 COLLETIF (Féline A., Guelfi J.D., Hardy P.) Les troubles de la personnalité. Flammarion Médecine-Sciences éd., Paris, 2002.2ème partie - Maladies et grands syndromes - Question 286.Troubles de la personnalité.Rédaction : O Gales, JD Guelfi, F Baylé, P Hardy

 url : http// :www.senon.pagesperso-orange.fr/.../tb%20personnalité.pdf



[1] Cf. composition de l’équipe dirigeante.

[2] Faouzi ADEL, problématique , in Actes  du colloque « Quel Avenir pour l’anthropologie en Algérie »   ( Timimoun, 22,23, 24 novembre 1999, coordonnés par Nadir Marouf, Faouzi et Khedidja ADEL,Oran, CRASC, 2002, p13

[3] L’anthropodycée coloniale dans la perception officielle de l’anthropologie  en Algérie, Faouzi ADEL, problématique , in Actes  du colloque « Quel Avenir pour l’anthropologie en Algérie » ( Timimoun, 22,23, 24 novembre 1999, coordonnés par Nadir Marouf, Faouzi et Khedidja ADEL,Oran, CRASC, 2002 p53)

[4] François Dosse,Paul Ricoeur,Michel de Certeau et l’Histoire : entre le dire et le  faire

url :http// :www.elec.enc.sorbonne.fr › ELECConférences

[5] François Dosse,Paul Ricoeur,Michel de Certeau et l’Histoire : entre le dire et le  faire

url :http// :www.elec.enc.sorbonne.fr › ELECConférences

[6] François Dosse,ibid.

[7] François Dosse,id.

[8] François Dosse,id.

[9] François Dosse, entre histoire et mémoire : une histoire sociale de la mémoire, op.cit.

[10] François Dosse, ibid.

[11] François Dosse, Historiser les traces mémorielles, Conférence prononcée à Tallin en novembre 2005.

url :www.ihtp.cnrs.fr/.../sites/.../Dosse_Historiser_les_traces_memorielles.pdf

[12] François Dosse,Paul Ricoeur,Michel de Certeau et l’Histoire : entre le dire et le  faire, op.cit.

[13] François Dosse,  « Paul Ricoeur,Michel de Certeau et l’Histoire : entre le dire et le  faire »

Op.cit.

 [14]  انظر،،مصطفى أشاطر، الأسطورة في التراث الشعبي الجزائري،،  أطرحة دكتورة،جامعة  أبو بكر  بلقايد تلمسان ، ص.ص.100-201.

 

[15] François Dosse, « Paul Ricoeur,Michel de Certeau et l’Histoire : entre le dire et le  faire »

Op.cit.

[16]  انظر،لخضر وحياني، كرامات الأولياء،  رسالة ماجستير ،جامعة  أبو يكر  بلقايد تلمسان ، ص.ص. 50-100

[17] Bellil R , Ksour et saints du Gourara. Dans la tradition orale, l’hagiographie et les  chroniques locales, Alger, CNRPAH, p20

[18] Bellil R , ibid., p21

[19] Bellil R , id.

[20]  انظر، الحاج مصطفى العشعاشي،السلسلة الذهبية في التعريف برجال الطريقة الدرقاوية،،د.ت.ود.ن.146 ص

[21] Bellil R , id., p25

[22] Cf. Féline A., Guelfi J.D., Hardy P. Les troubles de la personnalité. Flammarion

Médecine-Sciences éd., Paris, 2002.2ème partie - Maladies et grands syndromes - Question 286.Troubles de la personnalité. Rédaction : O Gales, JD Guelfi, F Baylé, P Hardy

url : http// :www.senon.pagesperso-orange.fr/.../tb%20personnalité.pdf