I. Présentation du patrimpone phoenicicole algérien

 1. Présentation physique

 Aujourd'hui, le patrimoine phoenicicole est estimé à plus de 13.505.880 millions de palmiers dattiers. Ce chiffre prend en considération 3 millions de palmiers dattiers qui sont improductifs et la plantation de 2 millions de palmiers dattiers nouveaux dans le cadre du programme A.P.F.A. La production dattière est estimée à 418.000 tonnes.

 Sur le plan spatial, les superficies réservées à la phoeniciculture ont connu une certaine évolution, passant de 60.000 ha en 1987 à 130.950 ha en 2004, enregistrant ainsi un accroissement de 70.950 ha sur toute la période, avec un rythme d'accroissement annuel de presque 4.173 ha (Fig. 2).

 

     Sur le plan des effectifs, la phœniculture a connu une certaine progression depuis 1987. En effet, cet effectif est passé de 7.632.000 en 1987 à 13.505.880 palmiers dattiers en 2003, enregistrant ainsi un accroissement de 5.873.880 palmiers dattiers sur toute la période, avec un rythme d'accroissement annuel de 367.117 palmiers, ce qui semble relativement assez important (Fig. 3).

 

    Les capacités de production dattière ont également évolué, passant de 200 milles tonnes en 1987 à 418 milles tonnes en 2003, et 420 milles tonnes en 2004. En effet, la production dattière a de ce fait, enregistré un accroissement de 218 milles tonnes de 1987 à 2003, avec un rythme d'accroissement annuel de 13.625 tonnes (Fig. 4).

   

 2. Caractéristiques essentielles du patrimoine phœnicicole algérien

 La plupart des palmeraies sont constituées de petits jardins hétérogènes. La densité de plantation est d'environ 250 palmiers dattiers / ha, pour une propriété qui ne dépasse généralement 1ha par exploitant. Les exploitations publiques possédaient les seuls systèmes modernes et des superficies importantes, ce qui leur a permis de jouer un rôle capital dans l'économie des régions sahariennes au cours de cette période [2].

  La composition variétale du patrimoine phœnicicole dépasse les 940 cultivars[3]. Parmi ceux-là, peu d'entre eux ont pu s'imposer dans le contexte socio-économique. Leur distribution dans le territoire algérien dépend de leur acclimatation, selon les régions. Mais on trouve presque 100 cultivars qui présentent une distribution géographique large, avec une majorité localisée dans leur aire de culture. Le cultivar Déglet-Nour (DN), représente environ 4,3 millions de palmiers dattiers, les dattes molles, comme la variété Ghars, avec environ 2, 2 millions de palmiers dattiers, et enfin les dattes sèches, exemple la Dégla-Beida, avec 5,2 palmiers dattiers, et une grande distribution dans le territoire, excepté la région de Tindouf. On peut dire également, que certains cultivars sont rares, par contre, d'autres sont très répandus (Fig. 5).

 

  L'itinéraire technique des palmeraies diffère d'une région à une autre, ce qui les rend difficiles au point de vue composition, superficie et l'état des palmeraies. Le cultivar Déglet-Nour prend le plus de soins, pour plusieurs raisons. Il subit différentes opérations agronomiques qui lui sont nécessaires, en commençant par l'irrigation, la pollinisation, la fertilisation, la taille; avec un degré moindre pour les travaux d'amélioration de la qualité de la récolte (ciselage, protection des régimes etc.). Les cultivars restants, de second degré, leurs opérations se limitent à l'essentiel des opérations de base. On signale aussi que l'avancée technologique n'est pas visible dans ces palmeraie, mise à part l'irrigation localisée.

 Le potentiel phœnicicole se distingue par plus de 70 % de ses plantations qui sont désorganisées et appartiennent au secteur traditionnel qui forment l'essentiel de la palmeraie algérienne. Il se caractérise aussi par sa diversité variétale ainsi que l'âge avancé des palmiers dattiers (plus de 80 ans).

 Plus de 100.000 jardins présentent une superficie qui n'excède pas 0,5 ha, avec une densité de plantation très élevée (150-300 palmiers dattiers / ha) [4]. Dans les exploitations modernes, les normes de plantations sont respectées.

 La production dattière totale est estimée en 2004 à 420.000 tonnes de dattes, dont 32 % représentent la datte Déglet-Nour (Fig. 6).

 

 3. Situation actuelle du patrimoine phoenicicole et contraintes posées

 Les infrastructures de base du patrimoine phoenicicole sont trop vétustes et n'arrivent plus à répondre aux besoins de la palmeraie, essentiellement (ouvrages hydrauliques, réseaux d'irrigation et de drainage, forages et protection climatique).

 Les moyens d'exploitation et de gestion du secteur phoenicicole sont dans la plupart du temps traditionnels et dépassés au regard des moyens modernes.

 Les techniques de cultures et de productions utilisées sont très archaiques et n'ont pu avoir d’effet sur les productions dans les palmeraies "dites traditionnelles". Par exemple, les méthodes d'irrigation traditionnelles (ex : la submersion), avec comme conséquences, des pertes importantes d'eau et apparition des problèmes d'érosion hydrique, compte tenu de la fragilité des sols sahariens.

 Les réseaux de drainage traditionnels, leur mauvaise conception, leur faible capacité à répondre aux besoins de la palmeraie, se sont traduits par des problèmes d'effondrement, de gonflement de la nappe phréatique et l'apparition du phénomène de salure à l'intérieur des palmeraies. L'inefficacité des réseaux de drainage abandonnés à l'intérieur des palmeraies (ex : Oued-Righ, cuvette de Ouargla, les régions basses des Ziban).

 Cette mauvaise gestion des ressources en eau a engendré des problèmes de salinisation qui ont conduit à une dégradation des sols et une chute importante des rendements [5].

 L'application des techniques de cultures et de récoltes traditionnelles (ex : récolte manuelle, absence de fertilisation minérale et organique dans les palmeraies) ont eu des effets négatifs sur la chute des productions des palmiers dattiers.

 L'emplacement, l'exposition et la faible protection climatique des palmeraies (brise-vent) ont engendré des phénomènes d'ensablement et de salure des palmeraies) [6]. L'érosion éolienne s'accentue dans la région de In Salah et Oued-Souf, ce qui nécessite des efforts pénibles pour l'entretien des oasis, sans oublier aussi les dégâts occasionnés aux fruits par les vents de sable qui déprécient leur valeur marchande.

 La mauvaise protection phytosanitaire des palmeraies résulte du manque d'application des méthodes de luttes préventives et curatives, et du faible niveau d'intervention sur le terrain pour la réalisation des traitements chimiques.

 L'application de l'APFA à travers la loi 83-18 a permis d'une part, de redynamiser partiellement l'activité phoenicicole par la création de nouveaux périmètres de plantations phoenicicoles modernes, et d'autre part, de favoriser l'extension du verger actuel. Cela explique et justifie les nouvelles plantations de presque 2 millions de palmiers dattiers qui s'établissent sur une superficie de 22.000 ha [4].

 Mais cette évolution reste cependant limitée, compte tenu de l'importance du patrimoine phoenicicole et du rôle majeur qu'il peut jouer dans l'économie agricole des régions sahariennes.

 Aussi, la phoeniciculture algérienne, particulièrement traditionnelle reste caractérisée par plusieurs contraintes, dont les plus importantes sont :

 Le déficit hydrique : les niveaux d'apport en eau se situent entre 0,35 et 0,45 l / s / ha, soit 10.000 à 13.000 m3 / ha / an, alors que les besoins réels du palmier dattier sont de l'ordre de 18.000 à 25.000 m3 / ha / an. Cette situation critique est encore aggravée par la présence de réseaux d'irrigation défecteux, provoquant des pertes importantes, pouvant dépasser parfois les 50 %[2].

 L'absence ou le mauvais fonctionnement des réseaux de drainage : seul le 1/4 du verger phoenicicole dispose d'un réseau de drainage (30.000 ha), dont le niveau de fonctionnalité reste compris entre 30 et 70 % [6].

 Le manque de rigueur dans la quantification des ressources en eau et en sol a engendré une implantation anarchique des périmètres phoenicicoles.

 On peut dire que les conditions d'évolution difficiles des palmeraies et la conjugaison de l'ensemble de ces facteurs ont pesé lourdement sur l'évolution du patrimoine phoenicicole et ont contribué à la dégradation des palmeraies, la désertification des oasis et la perturbation des équilibres des écosystèmes oasiens.

 Cette situation est le plus souvent le résultat de :

 1.     Des politiques appliquées parfois inadaptées : la situation de la phoeniciculture et les problèmes posés s’expliquent en grande partie par des politiques agraires mises en oeuvre dans ces régions qui n'ont pas pris en considération les préoccupations réelles de la phoeniciculture algérienne. A ce titre, plusieurs actions ont été tentées, mais n'ont pas donné les effets positifs souhaités, et ce depuis 1980.

 

2.     Des actions d'organisation du secteur phoenicicole : ces tentatives d'organisation de cette filière visaient l'amélioration la phoeniciculture pour freiner, voire stopper les processus de dégradation de la palmeraie, mais sans résultats positifs.

 3.     Une administration peu efficace : la politique administrative est restée incohérente et n'a pas pris réellement en charge les problèmes qui se posaient à la production phoenicicole (ex : structures technico-administratives : DSA, INRAA, CDARS, ITDAS etc…).

 4.     Une politique de recherche scientifique peu rentable : pour lutter contre la dégradation des oasis et des palmeraies, les phénomènes érosifs éoliens, la désertification, l'amélioration des techniques de production, les décideurs ne disposent pas d'alternatives techniques, scientifiques, socio-économiques et écologiques fiables.

 5.     Une politique de formation vulgarisation peu efficace : dans l'optique de la phoeniciculture, la politique de formation vulgarisation menée n'a pas pris en charge réellement les problèmes de la phoeniciculture dans toutes ses composantes (faibles résultats au niveau des instituts de formation qu'au niveau des producteurs sahariens). Elle doit être révisée dans sa forme que dans son contenu, avec la réflexion sur de nouveaux objectifs, progammes et méthodes de formation compatibles avec les réalités socio-économiques de la phoeniciculture algérienne, cadrant avec ses possibilités de développement et répondant à ces exigences réelles[1].

 4. Dimension socio-économique

 La palmeraie algérienne présente un intérêt économique grandissant et un intérêt écologique important. Sur le plan économique, elle contribue à la satisfaction des besoins du marché national en dattes. Sur le plan écologique, les palmeraies présentent des écosystèmes phoenicicoles fragiles qu'il faut préserver impérativement pour assurer leur stabilité et garantir leur durabilité.

 La culture du palmier dattier constitue une activité économique essentielle pour les régions sahariennes. Les exportations dattières algériennes ont connu une certaine amélioration en 1999, en enregistrant 8752 tonnes de dattes Déglet-Nour, 1544 tonnes de différentes variétés et 278 tonnes pour les dattes sèches. Cela a permis de réaliser un revenu global de 15.407.000 dollars US [3].

 Dans le cadre des différents projets de développement de la phoeniciculture qui ont pour objectif essentiel de développer la palmeraie algérienne, améliorer les conditions socio-économiques des phoeniciculteurs, en ouvrant de nouvelles perspectives de développement pour les régions phoenicicoles, par la mobilisation de nouveaux moyens et ressources [7]. Mais cette situation connaît une certaine déviation par rapport aux objectifs visés, autrement dit, elle s'est traduite par l'absence d'un plan directeur d'aménagement rigoureux, tenant compte des conditions, des spécificités, des possibilités et des limites de chaque zone phoenicicole.

 Les négligences de tous ces facteurs n'ont pas permis une évolution notable et réelle de la phoeniciculture algérienne et les retombées socio-économiques sur les populations de ces régions semblent peu favorables.

 En guise de conclusion, on peut dire qu'en dépit des différentes actions entreprises, le patrimoine phoenicicole algérien ne cesse d'être confronté à diverses difficultés. Les contraintes posées, à caractère : technique, agronomique, de formation et de recherche n'ont pas permis au secteur phoenicicole d'atteindre les niveaux de performances souhaités, malgré les possibilités offertes en matière de ressources qui restent en deçà de ses capacités réelles. Puisque les solutions appliquées sont à portée conjoncturelle et la plupart des problèmes restent posés.

 II.perspectives de développement de la phoeniciculture

 Les perspectives de développement de la phoeniciculture doivent s'inscrire dans une optique de développement durable. Cette perspective doit prendre en considérations les éléments suivants :

 ØEcologiquement viable

 ØTechniquement maîtrisable

 ØEconomiquement rentable

 ØSocialement acceptable 

 Les actions à entreprendre doivent viser à l’amélioration des pratiques d'irrigation et de drainage (ex : développement du goutte à goutte), avec une adaptation des méthodes d'irrigation rentables (ex : localisée, goutte à goutte etc.).

 ØAmélioration de la protection phytosanitaire pour améliorer la production dattière

 ØSoutenir les phoeniciculteurs dans l'amélioration des pratiques culturales adaptées, améliorées et soutenues par des agents de vulgarisation, en collaboration étroite avec le personnel de la recherche, la formation et le développement.

 ØRéutilisation des eaux de drainage, des eaux mélangées et des eaux usées.

 1. Programme de recherche

 Ce programme doit viser à :

 ØAmélioration variétale : connaissance des ressources phytogénétiques des différents cultivars, protection et amélioration génétique ainsi que la protection phytosanitaire des palmeraies.

 ØTechniques de production : fertilisation, multiplication des techniques d'entretien du palmier dattier et amélioration de la qualité des dattes.

 ØLutte contre les maladies : avertissements agricoles, diagnostic des ennemis, expérimentation de l'efficacité de certains produits, techniques de détection et de luttes contre le bayoud, les pourritures des régimes et pousser les études bioécologiques.

 ØTechnologie de la datte : caractérisation physico-chimique de la datte et développement de l'industrie de transformation de la datte, particulièrement les dattes communes pour augmenter leur valeur commerciale.

 2. Dimension socio-économique

 Plusieurs études ont été réalisées par les organismes qui participent au programme de recherche-développement sur la phoeniciculture; ces études ont concerné la commercialisation. Concernant ce domaine précis, plusieurs tentatives conjoncturelles ont eu lieu, mais sans continuité, ni renouvellement.

 L'établissement d'une meilleure liaison entre la recherche et le développement pour la réhabilitation et le développement du patrimoine phoenicicole reste une nécessité. Celle-ci est d'autant plus importante, en raison de l'isolement des palmeraies, des conditions de travail réputées difficiles en milieu saharien et finalement de la distance importante entre les laboratoires de recherche et les oasis, et plus généralement entre les producteurs et les centres de décisions administratifs et institutionnels.

 Cette politique de recherche-développement dans le domaine de la phoeniciculture aura pour objectif d'augmenter la valeur et le volume du capital génétique disponible pour l'autosatisfaction.

 3. Bilan de l'existant

 ØIdentifier et caractériser le patrimoine génétique national pour sélectionner et choisir les variétés et les individus les plus performants qui correspondent aux demandes des phoeniciculteurs et des consommateurs dans la perspective d'une grande multiplication.

 ØEssai de comportement et de sélection variétale.

 4. Les pratiques phoenicicoles : formation et vulgarisation

 Cet axe aura pour objectif essentiel d’accompagner le développement agricole, en essayant de répondre aux trois limitations du développement phoenicicole, où il s'agit essentiellement de :

 ØEvolution des systèmes de production vers des systèmes oasiens ;

 ØAppropriation des techniques phoenicicoles;

 ØDéveloppement d'un véritable paysannat à travers l'évolution des moeurs et des mentalités.

 Il s'agit du suivi et de l'adaptation des techniques, de la formation et de la vulgarisation phoenicicole.

 La consolidation et le développement de la phoeniciculture doivent passer par l'adoption d'une démarche de développement local, appuyé par des formes de partenariat et de financement adaptées aux contraintes de chaque zone phoenicicole.

 Le développement de la phoeniciculture passe par un ensemble de changements d'ordre technique et agronomique que la recherche doit accompagner impérativement.

 Concernant la production dattière, les thèmes de recherche concernés sont nombreux et restent souvent peu explorés. Ils relèvent de différentes disciplines : génétique, agronomie, physiologie, bioclimatologie, phytopathologie, technologie de la datte.

 ØLes travaux devraient être dirigés selon cinq objectifs essentiels : Augmentation du rendement, augmentation de la qualité, diminution du coût de travail, diminution du risque phytosanitaire et valorisation de la  production dattière.

 ØElaboration de références technico-économiques est un autre axe de travail important. Les exploitations phoenicicoles pourront mieux évoluer et s'adapter, qu'elles disposeront d' informations précises sur la nature, les coûts et la rentabilité des différentes options possibles, à savoir : choix des productions, des techniques, des modes d'organisation de travail et de la commercialisation.

 La recherche pourrait aussi animer la conduite d'expériences de développement qui permettront de  :

 ØValider en milieu réel des propositions technico-économiques ;

 ØIdentifier les conditions techniques, sociales, organisationnelles d'adoption de ces propositions ;

 ØMettre au point une méthodologie d'intervention négociée avec les différents acteurs concernés (phoeniciculteurs en particulier);

 ØPromouvoir une dynamique d'appropriation de la fonction recherche par les producteurs. 

 Egalement, la vitalité d'une phoeniciculture dépend dans ce contexte d'économie de marché et de mondialisation, de sa capacité à capter une partie importante de la valeur ajoutée, en particulier la production dattière, spécifique de ces régions sahariennes.

 Là où une politique de développement du tourisme est implantée, la phoeniciculture peut trouver des débouchés pour ses productions alimentaires et artisanales, bénéficier des prestations de services, soit directes, soit en relation avec l'aménagement et l'entretien du paysage identitaire phoenicicole des oasis [7].

   Toutefois, le développement d'une phoeniciculture de qualité, suppose des moyens et des disponibilités en  eau suffisantes et propres à l'irrigation, et une maîtrise démographique autorisant une mise en valeur équilibrée entre besoins primordiaux et ressources à partir d'une phoeniciculture durable, en raison de la fragilité des territoires sahariens et de leurs écosystèmes oasiens [8].

 5. Augmentation de la valeur ajoutée de la production dattière

 Il faut contribuer à la valorisation de la production dattière des régions sahariennes par l'obtention de dattes de haute qualité, pouvant  accroître leur valeur ajoutée, notamment  lorsqu'elles proviennent de terroirs réputés et bien entretenus, avec la conjugaison de plusieurs éléments valorisants, particulièrement :

 ØUne bonne présentation du fruit (calibre, couleur, tansparence...) ;

 ØUne bonne qualité gustative (fine, muscadée...) ;

 ØUne bonne qualité organoleptique ;

 ØUne image paysagère des terroirs oasiens (étiquette, conditionnement...) ;

 De même, pour un meilleur conditionnement des dattes en régimes et en branchettes et une valorisation du produit, appliquer certaines opérations ( ex : taille de fructification, fertilisation...).

  6. Développer une phoeniciculture respectueuse de l'environnement 

 La concrétisation de cet objectif permettrait sans nul doute de valoriser davantage la production dattière. Pour cela, le phoeniciculteur doit s'efforcer à produire des dattes saines, sans traitement phytosanitaire toxique et dangereux. Dans cette  optique, il doit pratiquer des combinaisons de techniques favorables aux équilibres biologiques en palmeraies (maîtrise de la fertilisation du complexe cultural, rotation des cultures associées, luttes biologiques etc.). La réalisation de telles pratiques culturales garantiront aux consommateurs un produit de qualité, sain, débarrassé de tout résidu toxique chimique.

 La mise en oeuvre de ces processus de valorisation de la production dattière nous semble la condition essentielle pour le maintien durable de la phoeniciculture dans les régions sahariennes. Aussi, la taille limitée des exploitations phoenicicoles permet au phoeniciculteur de tirer davantage profit de  la datte qui constitue un produit stratégique des régions sahariennes.

 La phoeniciculture a fait preuve de sa capacité d'adaptation à des aléas divers (agro-climatiques, agro-techniques, économiques, sociaux et culturels ...).

 La construction de systèmes d'informations devrait permettre de construire progressivement les bases d'un développement durable, capable de répondre aux besoins du présent sans compromettre la satisfaction des besoins des générations futures oasiennes. Les leçons du passé et l'analyse de la situation actuelle doivent permettre de préserver et de transmettre le riche patrimoine phoenicicole des oasis, mais aussi de construire un système phoenicicole adapté aux nouvelles contraintes.

 La mise en place de tels systèmes d'informations et de réseaux d'échanges d'expériences garantit la prise en compte conciliée, à la fois de la protection des ressources phoenicicoles et des impératifs de développement économique.

  Conclusion

 Il nous semble que la phoeniciculture a été intégrée dans le cadre de l'économie de marché, et ne peut jouer un rôle dans ce dernier, que si elle présente une capacité d'adaptation et de cohabitation, dictées par le progrès technique et économique, impliquant ainsi une amélioration du niveau de vie meilleur des phoeniciculteurs.

 Dans cette vision, il faut considérer cette filière dans le futur comme une entreprise qui recherche la rentabilité et l'efficacité dans l'utilisation des ressources naturelles sahariennes et une gestion efficace des différents rouages de la production en amont et en aval.

 C'est dans cette perspective que le plan national de développement agricole est appelé à jouer un rôle prépondérant, compte tenu des moyens mobilisés à cet effet, parallèlement au plan d'aménagement des wilaya dans de bonnes conditions d'encadrement technique, scientifique, administratif, logistique et financier.

 Références

 [1] SAKER M.L.,1993 - Contribution à l'étude des problèmes de la formation agricole saharienne. D.E.A., Université des sciences humaines, Strasbourg, 20 p.

 [2] SAKER M.L., 2000 - Les contraintes du patrimoine phoenicicole de la région de l'Oued-Righ et leurs conséquences sur la dégradation des palmeraies. Problèmes posés et perspectives de développement. Thèse de Doctorat, Université Louis Pasteur, Strasbourg, 335 p

 [3] SCOUTI A. et BELGUEDJ M., 2001 - Situation actuelle des palmeraies en Algérie et perspectives de développement. Journées agricoles sur les techniques de productions agricoles du palmier dattier. A.C.S.A.D., Aswan, 19 p.

 [4] TIRICHINE M., 1997 - Mémoire sur la culture du palmier dattier et la production des dattes en Algérie. Synthèse des programmes de recherche et de développement. C.R. du symposium scientifique sur les recherches du palmier dattier en cours dans les pays membres du réseau de recherche et de développement du palmier dattier, Tozeur, Tunisie, A.C.S.A.D., 33 p.  

 [5] DADDI BOUHOUN M., 1997 - Contribution à l'étude de l'évolution de la salinité des sols et des eaux d'irrigation d'une région saharienne : cas du M'zab. Thèse de Magister, I.N.A., Alger, 180 p.

 [6] M.A., 2000 - PNDA 2000, soutien au développement de l'agriculture, Ministère de l'agriculture, Alger, 210 p.

 [7] TOUTAIN G., 1999 – L’agriculture paysanne oasienne et le marché mondial. Agroéconomie des oasis, GRIDAO, Montpellier, pp. 169 – 182.

 [8] DUBOST D., "Ecologie, aménagement et développement agricole des oasis sahariennes algériennes", Thèse Doct., Université François Rabelais, Tours, (1991), 544 p.+pdf