Les températures moyennes mensuelles relevées durant cette période montrent que le mois le plus froid est janvier avec 1.7°C et le mois le plus chaud est Septembre avec 35.1°C. On note durant la période d'échantillonnage 6 jours du vent violant (depuis le 14/03/2005 jusqu'à 19/03/2005) qui n’ont pas été signalés par la station météorologique. Ainsi, durant cette période d’étude, il y a eu une source d’eau mais très irrégulière et très éparse.

  1.3. Méthode d’échantillonnage 

 Le choix des stations d’études a été fait selon l’âge d’abandon des  pivots non opérationnels (tableau 2). A fin de comparer la variation de la composition floristique après la mise en place d’un pivot, nous avons retenu 03 stations, choisies pour suivi et prélèvement, durant la période de la fin du mois de février jusqu’au le début du mois d’avril de l’année 2005.

Tableau 2 : Caractéristiques des stations d’étude

Nous avons utilisé l’échantillonnage subjectif dirigé de telle sorte que chaque station est partagée en 4arcs égaux, et  chaque arc contient 3 sous parcelles réparties au centre, au milieu et à la bordure. La surface de chacune est de 1 m2  ce que forme une bande (figure 2). Après avoir établi  12 sous parcelles de 1m2, nous avons réalisé les mesures et les identifications des espèces que contiennent ces sous parcelles.

2. Résultats et discussion

 2.1. Inventaire de la flore adventice au niveau de la parcelle expérimentale

 A travers cette étude, nous avons essayé de faire un inventaire des espèces rencontrées avec un aspect quantitatif après l’installation et l’abandon d’un pivot.

 Dans les trois stations (pivots), un total de 22 espèces ont été inventoriées. Ces espèces appartiennent à 10 familles botaniques, parmi les quelles une seule famille prédominante: Asteraceae, qui regroupe 32% de la flore étudiée(figure 3).

Du point de vue qualitatif, les stations 1 et 2 représentent une diversité floristique faible par rapport à la station 3 qui reflète une grande variation de la composante floristique.

Cette diversité revient au fait que le pivot 3 a été récemment abondonné (depuis 1 année seulement), ce qui aurait favorisé la germination des espèces suite à la richesse relative du sol en éléments de fertilisation, la réserve en semence et le travail du sol qui augmente la capacité de rétention en eau du sol.

En effet, selon [3] le travail du sol, la fertilisation, le pâturage et les précédents culturaux sont parmi les facteurs agro-techniques qui agissent directement ou indirectement sur la dynamique des adventices des grandes cultures dans le temps et dans l’espace. Si l’action des facteurs physiques de l’environnement (Pluviomètre, température, …etc) est de type à long terme, celle des techniques culturales est plutôt de type à court terme.

L’abondance et la densité relative, sont des paramètres écologiques relativement très liés entre eux, pour cela, nous avons retenus une seule (la densité relative) pour la discussion.

 2.2. Densité relative de la station 1 

L’analyse de la densité relative fait sortir que le pivot 1 est quantitativement et qualitativement pauvre en espèce. Cette pauvreté est attribuée au faible taux d’humidité car le pivot est abandonné depuis 3ans.

De plus, les conditions édaphiques sont rugueuses à la vie du végétal et qui peuvent être dues aux érosions éoliennes par les vents violents ainsi que le manque des précipitations, le taux d’humidité (du sol et de l’air) faible et les hautes températures, contribuent d’une part importante au manque du tapis végétal.

Malgré cela, l’espèce Bromus rubens est fréquente avec une densité qui peut être supérieure à 95%, puis  Launaea glomerata arrive avec une densité relative qui atteint 7%, comme on note la présence de certaines espèces avec de faibles pourcentages n'atteignant pas 2% telles que Lavatera cretice, Sphenopus divaricatus, Chenopodium murale, Melilotus indica, Polygonum aviculare et Rumex simpliciflorus (Figure 4).

2.3.  Densité relative de la station 2 

Cette station a été abandonnée depuis 2 ans, et avec les mêmes conditions précédentes (édapho–climatiques). On note que Bromus rubens est la seule espèce dominante avec une forte densité qui peut atteindre 100% dans certaine sous parcelles.

Après Bromus rubens, apparaît  Launaea glomerata avec 5% et Sphenopus divaricatus avec 4.23%. On note également la présence de Melilotus indica, Ifloga spicata, Bassia muricata mais avec un pourcentage très faible (figure 05).

2.4. Densité relative de la station 3

Dans cette station, l'espèce  Bromus.rubens est représentée avec un pourcentage très élevé, mais on note une diversité remarquable. En effet, Chenopodium murale atteint 11.63%, suivi par Sphenopus divaricatus et Schismus barbatus avec 11.3%, Rumex simpliciflorus 11%, Launaea glomerata avec 7%, Lavatera cretica présente 4.8%, enfin Spergularia salina  avec 3.67%. On note également la présence de quelques autres espèces mais avec des pourcentages très faibles telles que Bassia muricata, Melilotus indica, et Cardeus getelus (figure 6).

2.5. Densité relative des trois stations

La comparaison entre les 3 stations fait apparaître que la seule espèce possédant un degré de présence très élevé, est Bromus rubens, Ceci se justifié probablement par :

- Les bromes considérés comme espèces rudérales, préfèrent les sols à texture légère ou poreuse (cas présent); ils répondent essentiellement au facteur sol sec (cas des 3 stations) [3].

- L'action de l'homme : L'intervention de l'homme sur les terres cultivées, crée un habitat artificiel favorable à l'épanouissement des espèces dont le cycle végétatif est comparable à celui de la culture hôte [4]. 

- L'action du climat est l'un des facteurs déterminant pour de nombreuses plantes [4]. 

-Les graines des adventices peuvent être transportées à des distances assez importantes avec les graines des espèces cultivées.

-L’importance du stock grainier du sol qui se trouve augmenté chaque année (cas des pivots cultivés et  donc irrigués).

-L’âge du pivot abandonné, donc le nombre des années de « négligence » qui ont favorisé l’augmentation du niveau de stock grainier ;

Les espaces abandonnés par certaines espèces sont alors envahis par les adventices résiduelles ou colonisées par de nouvelles espèces: c'est le phénomène dit de compensation [5];

-L’effet important de l’état du précédant cultural par les adventices ;

-Leurs exigences et comportements dus aux conditions plurispécifiques ; avec une très grande longévité de cette espèce (certaines adventices conservent leur pouvoir  germinatif durant une longue période) ;

Par ailleurs, Holzner et Glauningersignalent que lorsqu’on tient compte les graines enfouies dans le sol, les variations sont rapides et spectaculaires puisque pour un nombre important d’adventices, et dans certaines conditions pédologiques, les graines peuvent demeurer viables pendant plusieurs décennies, voir plusieurs siècles [5] ;

Pour la vitalité, les semences des adventices peuvent rester viables dans le sol quelques dizaines d'années [3] ;

-La capacité germinative très importante des semences de Brome;

-Une résistance aux causes de destruction: la variabilité de la sensibilité intra spécifique a depuis longtemps été reconnue chez de nombreuses adventices vis-à-vis de nombreux herbicides appartenant à différentes familles [4].

 Conclusion

La prospection générale nous a permis de constater que l’espèce Bromus rubens colonise presque la totalité des stations du site d’étude, où elle présente une forte densité qui peut atteindre 100% d'individus par m2, au niveau de certaines sous parcelles. Ainsi, le brome a un fort pouvoir colonisateur où l'action anthropique modifie les conditions du milieu, ce qui aboutit à des mutations dans la composition floristique ainsi que la biodiversité.

Par conséquent, et après l’intervention de l’homme, le couvert végétal subit un bouleversement et une mutation, remarquables: disparition d’espèces et apparition d’autres. Et ceci dépend probablement du degré de l’anthropisation.

Ce travail a permis d’apporter quelques réponses aux investigations entreprises, notamment concernant l'évolution des plantes des zones arides, les adaptations des nouvelles espèces introduites au milieu saharien, et surtout l'évaluation de l'impact de l’action anthropique sur la flore spontanée des zones arides.

 Références bibliographiques

[1] Houichiti R. : 2000. Situation de la céréaliculture dans les régions de Ouargla et de Ghardaïa, bilans et perspectives. Mémoire D'ingénieur, IHAS, Centre Universitaire de Ouargla; 78 p.

[2] Djebaili S. : 1984. Steppe Algérienne ; phytosociologie et écologie, O.P.U. Alger ;; 177 p.

[3] Hammadache A. : 1995. Les mauvaises herbes des grandes cultures (Biologie, Ecologie, Moyen de lutte). Institut technique des grandes cultures. Alger ; ; 40 p.

[4] Mekki N., Kermad S.: 1997. Inventaire floristique des adventices des cultures céréalières a paille sous pivots de la région d'ADRAR (Sahara central)  Thèse Ing. I.N.A. EL-HARRACHE. Alger. 59 p.

[5] Holzner W., Glauninger H., 1986. Evolution de la flore adventice. Ed F.A.O. Rome.  277 p.

[6] Ozenda P., 2004. Flore et végétation du Sahara. 3eme édition. Ed. C.N.R.S. 622 p.pdf