1.1 Collecte des pelotes

 La station de Hassi El-Gara se localise au Sud-Est d’El-Goléa. Elle est limitée à l'Est par la piste menant à Ain Salah et à l'Ouest par Sebkhet El-Maleh. Les régurgitats sont ramassés dans et aux alentours de quelques trous situés dans une falaise de 80 m de hauteur dont les 3/4 de son verso sont envahis de sable. Les trous sont localisés au sommet de la falaise, exposés au Sud, et face à sebkhet El-Meleh du côté Nord. Ils sont distants d’une cinquantaine de mètres de la rive (Fig. 02). Quelques espèces végétales sont présentes de part et d’autre au niveau de la falaise, notamment Phragmites communis, Limoniastrum guyogonium, Typha elephantina, Juncus acutus et Oudneya africana.

1.2 Méthodes d’analyse des pelotes

 L’analyse des pelotes au laboratoire consiste à faire ressortir les pièces les plus importantes, contenant la plus grande masse d’informations, nécessaires à la détermination des proies.

 Le dénombrement des invertébrés se fait par comptage du nombre de mandibules, de têtes, de thorax, d’élytres et de cerques. Systématiquement, chaque pièce trouvée est mesurée dans le but d’estimer la taille de la proie et sa biomasse. Le dénombrement des vertébrés est basé en premier lieu sur la présence de l’avant-crâne. Chez les mammifères, le fémur, le péronéotibia, l’humérus, le radius et le cubitus sont pris en considération. Pour les oiseaux, il est tenu compte du fémur, du radius, du tibia, de l’humérus, du cubitus, du tarsométatarse et du métacarpe. L'os frontal, l’humérus et le fémur sont les os de référence pour les reptiles. Enfin, les batraciens sont dénombrés grâce aux humérus, radiocubitus, fémurs, péronéotibia, os iliaques et urostyles.

 Pour les vertébrés, nous avons utilisé les clés de [5] pour les oiseaux, de [6], de [7], de [8] et de [9] pour les rongeurs. 

 2. Résultats et discussion

 Le régime trophique du Hibou des marais dans la région d'El-Goléa se compose de six catégories-proies (Fig. 3).  L’alimentation se base beaucoup plus sur les rongeurs avec un taux égal à 72,5 %. Ils sont suivis par la catégorie- proie des Aves (AR = 9,8 %) puis par celle des Batrachia (AR = 6,8%).

De même, pour ce qui est de la biomasse, les Rodentia (rongeurs) constituent les proies les plus profitables  avec 79,8 %, suivis par les Aves (oiseaux) avec 15,2 % (Fig.4).

Les résultats concernant les abondances relatives et les biomasses, calculées pour les espèces-proies trouvées dans les pelotes du Hibou des marais, sont regroupés dans le tableau 1

Parmi les proies du hibou des marais, Gerbillus nanus se positionne en tête des proies les plus consommées, avec un pourcentage égal à 17,6% (Tab. 1), suivie par Mus musculus (AR = 12,7 %) et Gerbillus tarabuli (AR = 8,8 %). En termes de biomasse et selon les espèces-proies, Muridae sp. est l'espèce la plus profitable, avec un taux de 16,7 %, suivie par Meriones crassuc avec un pourcentage égal à 10,7 %.

 Les résultats de l'indice de diversité de Shannon-Weaver et de l'équiréparttion concernant les espèces ingurgitées par le hibou des marais dans la région d'El-Goléa est de 4,05 bits (Fig. 5). 

 La valeur élevée de H’ montre que le nombre d’espèces-proies capturées par le prédateur est important et que les effectifs des espèces ingérées ne sont pas très différents. Par contre, la valeur de l’équirépartition tend vers 1 (E = 0,87).

L'étude du régime alimentaire du Hibou des marais à partir de l'analyse des pelotes de réjection prélevées dans la région d'El-Goléa, montre la présence de six catégories-proies. Les Rongeurs sont les plus consommés avec un taux égal à 72,5 %. Ils sont suivis par la catégorie des Oiseaux (AR = 9,8 %) et par celle des Batraciens (AR = 6,8%).Ces résultats sont comparables à ceux obtenus par [10] dans la même région. En effet, ces auteurs mentionnent que cette espèce dévore une part importante de  rongeurs-proies (45,3 %). [4] précisent également que les Rodentia (AR = 91,9 %) sont les plus consommés par Asio flammeus au Pakistan, notamment l'espèce Microtus guentheri (AR = 71,3 %) suivie par Mus musculus (AR = 19,4 %). Ces auteurs ajoutent que les oiseaux ne dépassent pas 5,0 % du menu trophique du Hibou des marais. Dans le même contexte [3], notent que les Mammifères (AR = 61,0 %), les oiseaux (AR = 20,7 %), les insectes (AR = 13 %) et les reptiles (AR = 4,2 %) sont les catégories-proies les plus recherchées par le Hibou  des marais en Chine. Ils précisent également que Apodemus agrarius (Rodentia) est la proie le plus ingérées par Asio flammeus avec un pourcentage égal à 18,8 %, suivie par Chondracris rosea (Insecta) (AR = 18,2 %) et Passeriformes sp. Indéterminée (AR = 14,7 %).

 En termes d’espèces, la proie la plus abondante dans les pelotes est Gerbillus nanus avec un pourcentage de 17,6 %. Elle est suivie par Mus musculus  (AR = 12,7 %) et par Gerbillus tarabuli (AR = 8,8 %). [4] notent que les mêmes auteurs ajoutent que les autres mammifères constituent 9,4%. [3]  annoncent que la catégorie des Rodentia est la plus profitable en biomasse avec un taux égal à 79,8 %, suivie par les oiseaux avec 15,2 %.  Nos résultats sont comparable avec ceux obtenus par [3] en Chine. Ces derniers auteurs indiquent que les mammifères sont les proies les plus saisissantes en biomasse (B = 65,4 %). Ils ajoutent que les oiseaux (B = 28,5 %), les insectes (B = 3,5 %) et les reptiles (B = 2,5 %) viennent après les mammifères. Dans la biomasse des espèces-proies Muridae sp. Est l'espèce la plus profitable avec un taux de 16,7 %, suivie par Meriones crassuc avec un taux égal à 10,7%. A travers cette étude la valeur de l’équirépartition tendent vers 1 (E = 0,87). En effet, il est à remarquer que les effectifs des espèces consommées ont tendance à être en équilibre entre eux dans le menu d'Asio flammeus Dans ce cas le prédateur se comporte en opportuniste et généraliste.

  Conclusion

 L’étude du régime alimentaire d’Asio flammeus dans la région d’El-Goléa nous a permis de recenser 6 classes, 13 familles et 25 espèces-proies. Si on regarde le nombre de proies capturées (AR = 72,5 %) pour les rongeurs suivies par les oiseaux (AR = 9,8 %), de même ordre les rongeurs occupent la premièreplace en terme de masse (B = 79,8%), suivie par les oiseaux, avec 15,2 %. Par conséquent, on peut dire, comme beaucoup d’autres auteurs, que cette espèce est basée dans leur régime sur les proies de masse. Globalement (E = 0,82), le Hibou des marais présente une diversification importante de son régime.

  Références Bibliographiques

 [1] Roger P., Guyimountfort, P.R.D.H., Julian H.et Paul G., 1972 – Guide des oiseaux d’Europe.  Ed. SEOP, Paris, 423 p.

 [2] Blanchon R. et Chauchot M., 1981 – L’hivernag du Hibou des marais (Asio flammeus) dans le val d’Allier. Le Grand Duc, 21 (160) :3-15 p.

 [3] Lin W.L. and Yeh C.C., 2002 – Winter diet of the short-eared Owl Asio flammeus (Pontippidan). At the Augu Form and the totu Rivermor the of Taiwan.  4 (2): 63-71.

 [4] Mushtaq- Ul-Hassan M., Ghazi R.R. and Nisa N., 2007- Food Preference of the Short-Eared Owl (Asio flammeus) and Barn Owl (Tyto alba) at Usta Muhammad, Baluchistan, Pakistan. Turk J. Zool., 31 : 91 – 94.

 [5] CuisinJ., 1989 – L'identification des crânes des passereaux (passeriformesAves).Dipl. sup. etud. Rech. Univ. Bourgogne, Dijon, 340 p.

 [6] Grasse P.P.et Dekeyser P.L., 1955 – Ordre des Rongeurs, pp. 1321 – 1573, cité par Grasse P.P., Traité de Zoologie, mammifères. Ed. Masson et Cie, Paris, T. XVII, fasc. 2 : 1172 – 2300.

 [7] Osborne D.J. & Helmy I., 1980. – The contemporary land mammals of Egypt (including Sinaï). Fieldiana (Zool.), 5 : 1-579.

 [8] Orsini P., Cassaing J., Duplantie r J.M. &Cruest H., 1982. – Données sur l’écologie des populations naturelles de souris, Mus spretus et Mus musculus domesticus dans le midi de la France. Rev. Ecol. (Terre et Vie), 36 : 321-336.

 [9] Barreau D., Rocher A. et Aulagnier S., 1991 – Eléments d'identification des crânes des rongeurs du Maroc. Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères, Puceul., 17p.

 [10] Djilali K., Sekour M., Souttou. K., Ababsa M., Guezoul O.  et Hamani A., 2010 – Premières données sur l’écologie trophique du Hibou des marais Asio flammeus (Pontoppidan, 1763) dans la région de Hassi El-Gara (Ghardaïa)  1ère Journée National sur la Protection des Végétaux, 18 et 21 Avril 2010, Dép. zool. Agri. For., Ecol. Nati.  Sup. agro., El Harrach, p. 52.pdf