On estime que les débits pompés aujourd'hui sont de l'ordre de 3 fois le volume des prélèvements traditionnels avant la multiplication anarchique des forages. Mais, cette cadence dépasse les besoins en eaux des palmeraies de Oued Righ, qui sont passées de 360000 arbres en 1856 à 1,8 million en 1996[4]. Les aménagements hydro-agricoles et d’assainissement sont inadaptés à la réalité du terrain, qui nécessite des infrastructures importantes pour améliorer leur gestion.  

L’accroissement des débits fournis s'est traduit par un engorgement des terrains, une salure croissante des sols par remontée capillaire et la présence d'eaux stagnantes dans les bas-fonds [4]. La sécheresse peut durer pendant plusieurs années consécutives, favorisant la salinisation des sols[5], avec la manifestation la plus apparente des néoformations blanchâtres de sels et même parfois de croûtes à la surface du sol. L’accumulation des sels dans les sols résulte aussi de plusieurs facteurs dont les principaux sont des eaux d’irrigation chargées en sels, roches parentales plus ou moins salées et surtout le mauvais drainage [6].

      Ces mesures d’aménagement prisent sont le rebouchage des vieux puits, la réalisation d'un grand canal de 150 km, déversant les eaux usées dans le chott Merouane. Elles ont permis d’assainir partiellement les sols d’éviter l’exode agricole [4].

  4. Conclusion

 L’étude de la situation actuelle des aménagements hydro-agricoles à Oued Righ montrent des défaillances au des infrastructures et la gestion de l’irrigation-drainage. Cette situation a conduit à la dégradation hydro-édaphique, par la salinisation et l'engorgement, aboutissant à la chute des rendements agricole et au dépérissement des palmeraies dans certaines situations extrêmes. La variabilité spatio-temporelle de la remontée des eaux phréatiques est liée au climat, la gestion de l'irrigation-drainage et situation topographique des palmeraies à Oued Righ. Des interventions d'aménagements hydro-agroles et d'assainissement seront les mieux indiquées pour maîtriser les apports d’irrigation, les volumes d’eau évacués par drainage et assainissement. Tout cela dans le but de contrôler le phénomène de remontée des nappes phréatiques et de tenter de récupérer les terrains agricoles dégradés pour assurer un aménagement durable dans cette région.

 Références

[1] BENHADDYA M.L. ; Contribution à l’inventaire des éléments traces dans les sols et dans les eaux souterraines dans la région de l’Oued Righ : leurs origines et leur impact sur l’environnement ; Mémoire de Magister ; Centre universitaire Ouhm El Bouaghi, p131 (2007).

 [2] SAKER M. L. ; Les contraintes du patrimoine phoenicicole de la région de l’Oued Righ et leurs conséquences sur la dégradation des palmeraies.  Problèmes posés et perspectives de développement ; Thèse de doctorat, Université Louis Pasteur, Strasbourg, p335 (2000).

 [3] Daddi Bouhoun M. et Brinis L. ; Etude de la dynamique des sels solubles dans un sol irrigue Gypso-salin : cas d’une palmeraie de la cuvette de Ouargla ; J. Alg. Rég. Arid., N° spécial, pp 17-20 (2006).

 [4] COTE M. ; Des oasis malades de trop d’eau ; Sécheresse, 9(2), pp 123- 130 (1998).

 [5] DUBOST D. ; Ecologie, Aménagement et développement agricole des oasis algériennes ; Ed: CRSTRA. Biskra, p 423 (2002).

 [6] Khadraoui A. ; Eau et impact environnemental dans le Sahara Algérien ; O.N.M. Ouargla, p 299 (2007).