La totalité des exploitations sont installées sur des superficies moyennement grandes qui varient entre 04 et 20 ha où l'agriculteur exploite seulement une partie de la superficie totale de l’exploitation. Cette situation permet la possibilité d’extension de la superficie cultivée et l'introduction de nouvelles cultures.

Environ la moitié des exploitants (46%) ont commencé la mise en valeur par le système mixte qu’ils ont maintenu jusque à nous jours. Environ 35% ont commencé par la plasticulture pour se convertir à la fin en un système mixte par l'introduction du palmier dattier surtout la variété Deglet Nour et d'autres spéculations. Mais pour le reste des exploitations, elles ont commencé par la plantation du palmier dattier pour atteindre la situation actuelle de système de production mixte et cela par l'introduction de la plasticulture dans leur exploitation.

Dans cette unité de production, on peut noter une véritable dynamique d’expansion liée à croissance progressive de la superficie utilisée et à l’introduction des nouvelles cultures.

Mais on remarque aussi que la superficie du maraîchage sous serres est en régression progressive par rapport à la superficie phoenicicole qui gagne de plus en plus des superficies. Cela s’explique par la chute de fertilité des sols et par la chute des rendements du maraîchage sous abris, donc par la baisse des revenus. La stratégie adoptée par les agriculteurs consiste à remplacer le maraîchage sous serres par le palmier dattier et à chercher des superficies vierges pour le maraîchage.

3.4 : Evolution du système de production phoenicicole:

 Le nombre d’exploitations cultivées uniquement en palmier dattier (généralement Deglet Nour) est non négligeable. On rencontre quelques arbres fruitiers, comme deuxième strate, destinés à l'autoconsommation. Ce système de production phoenicicole présente le tiers des exploitations enquêtées. Il est généralement caractérisé par des superficies petites et totalement occupées.

Nous avons noté que la majorité des exploitations de ce système ont déjà pratiqué d’autres cultures, particulièrement le maraîchage sous serres, durant les années 1980 et les années 1990 avant d'atteindre la situation actuelle où l'exploitation est dans un état de stagnation. Les responsables des unités de production sont majoritairement âgés et sont satisfaits de la situation actuelle et continuent à exploiter la totalité de terres par le palmier dattier. 

 L'introduction du maraîchage sous serres a été utilisée au début comme source de financement pour l'installation de palmiers en raison de la rapide rotation des capitaux pour cette culture. L’augmentation des prix des intrants agricoles a aussi influé significativement sur les orientations de la production. Les cultures maraîchères sous abris sont fortement exigeantes en intrants (film plastique, engrais, produits phytosanitaires) contrairement au palmier dattier. Cette augmentation des prix a influé sur la rentabilité de cultures maraîchères qui exigent des charges d’exploitation importantes. Selon les agriculteurs cette influence est conjuguée au fait que les cultures sous abri demandent une présence et une surveillance continuelles et présentent une plus grande fragilité face aux maladies et autres prédateurs. Ceci constitue donc un aboutissement logique

  4. Conclusion :

 La zone d’El Ghrous a connu une dynamique remarquable grâce à l’introduction et au développement du maraîchage sous serres. Cette évolution s’est matérialisé par la mise en place d’un marché agricole qui est en passe de devenir l’un des plus importants à l’échelle nationale et approvisionne environ 24 wilayas. Cette situation est le fruit d’une évolution du système de production qui était majoritairement phoenicicole et a subi des mutations profondes pour donner naissance à un système de production maraîcher et un système de production mixte (maraîcher – phoenicicole).

Les anciens périmètres qui représentent 40% de la superficie agricole totale de la zone, sont constitués d’anciennes exploitations de petite taille qui ont atteint leur saturation en matière d’exploitation des terres particulièrement par la phoeniciculture. Par contre, les nouveaux périmètres de mise en valeur représentent environ 60% des terres agricoles dans la zone qui ne sont  pas totalement exploitées et ce sont sur ces périmètres que nous observons une dynamique plus remarquable.

L’orientation des systèmes de cultures est guidée en premier lieu par le fait que le maraîchage sous serres permet une accumulation rapide des capitaux par cette culture. Mais la chute de fertilité des sols, le pullulement des maladies, des ravageurs et des mauvaises herbes (envisagée par les agriculteurs) et l’augmentation des prix des intrants sur le marché a poussé les agriculteurs à réorienter leur système de culture vers la phoeniciculture qui est mieux maîtrisée, garantit plus ou moins un revenu régulier et consomme beaucoup moins d’intrants agricoles. Au niveau des paysages des périmètres agricoles nous assistons donc dans le temps à une plantation préalable et partielle par le palmier dattier suivie d’installation de serres. Cette situation évolue après une certaine période par un déplacement de ces serres vers les nouveaux périmètres et leur remplacement par des plantations phoenicicoles. Cette orientation, sauf événements conjoncturels, aura tendance à se généraliser et l’on assistera progressivement à une régression importante du maraîchage sous serres dans la zone.

Cette étude confirme aussi l’hypothèse de la généralisation du système de production phoenicicole et sa meilleure durabilité. Cette évolution a été aussi observée dans la région de Ouargla où des tentatives d’introduction de systèmes de production céréaliers sous pivots ont connu un échec. Les exploitations qui ont pratiqué ce système de production (céréalier) ont été abandonnées pour certaines ou ont subi une reconversion en système phoenicicole pour d’autres.

Références :

 [1] CDARS ; Commissariat au Développement de l’agriculture dans les régions sahariennes ; Rapport ; Ouargla : 12p, 2007.

 [2] Groupe de travail et de coopération française ; Les interventions en milieu rural : Principes et  approches méthodologiques ; Ministère de la coopération et  du développement, Paris : avril, 198p, 1989.

 [3] Dore T. et Sebillote M. ; Manuel didactique pour la construction de typologies fondées sur l’analyse du fonctionnement et de l’histoire des exploitations agricoles ; Rapport d’étude, INA Paris Grignon, Chaire d’Agronomie, 127 p, 1987.

 [4] Bouammar B. ; La nouvelle exploitation agricole oasienne face aux changements de son environnement économique ; Revue du Chercheur ; Université de Ouargla. N°1,  pp 9-14,2002.