La plus grande quantité de lait produite a été enregistrée entre le mi-avril et la première décade de mai. Au cours de cette période, la chamelle N°6 a enregistré un chiffre record avec 7.5 litres. Des pics de 10 litres ont été enregistrés chez des races nigériennes [25], ce qui laisse paraître que la production de la chamelle est potentiellement supérieure à celle de la vache dans les mêmes conditions climatiques et alimentaires. En effet, la production laitière quotidienne moyenne obtenue avec le zébu Afar était de 1 à 1.5 litres [19].

 Les plus faibles quantités sont enregistrées durant la période estivale où le couvert végétal des parcours est très pauvre (quantité journalière inférieures à 1 litre chez 66.6% des chamelles).

 Le rang de lactation peut être aussi un paramètre de variation mais dans notre cas (entre 3 et 5 chamelages) nous n’avons pas relevé d’incidence sur la production laitière. Ce constat a été également relevé par plusieurs auteurs.

Les différences observées entre les deux échantillons ne sont pas très significatives.

 L’étude réalisée sur la même population cameline ne mentionne pas de grandes différences dans la composition chimique du lait à l’exception du taux butyreux qui était élevé (28 g/l) [26]. Nous remarquons que le lait n’est pas dilué (88.5% d’eau) vu que les chamelles recevaient l’eau ad libitum. En effet, l'abreuvement intervient sur la qualité du lait [27]. Des animaux déshydratés produiraient du lait dilué (91% au lieu de 86% habituellement) et donc plus pauvre en matière grasse, en lactose et en matière azotée totales. Ce phénomène peut s'expliquer par l'origine embryonnaire des glandes mammaires qui est la même que celle des glandes sudoripares [27].

 4. Conclusion

 Malgré les conditions de vie contraignantes, la chamelle arrive à produire du lait à moindre coût mais qui est loin de satisfaire une demande de plus en plus croissante. Ce constat incite les chameliers à orienter leurs dromadaires vers la production de lait.

 Grâce au potentiel laitier de la chamelle, des voies de développement existent, parmi lesquelles la création de mini laiteries.

 Ce nouveau statut du dromadaire en tant qu’animal laitier permettra aux chameliers de se rapprocher des centres de vie, Toutefois, pour une meilleure rentabilité de l’élevage, il y a lieu de lever la contrainte principale à savoir le facteur alimentation. En effet, en Algérie, l’élevage camelin se fait selon un mode extensif basé essentiellement sur les parcours désertiques pour son alimentation, de telsparcours sont tributaires de la pluviométrie caractérisée par sa faiblesse et son irrégularité. Or, la phoeniciculture qui est dominante dans les aires de distribution du camelin offre annuellement un tonnage appréciable de sous-produits pouvant être intégré dans l’alimentation du dromadaire et pourra ainsi contribuer largement à l’amélioration de l’aspect alimentaire.

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